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Toulouse : Jean‑Luc Moudenc réélu confortablement face à l’alliance LFI‑PS

A Toulouse, le maire DVD confortablement reconduit au Capitole face au "danger mélenchoniste"
A Toulouse, le maire DVD confortablement reconduit au Capitole face au "danger mélenchoniste"
Crédit : Jean luc Moudenc

Publié : 8h45 par Emmanuel Bouisset

 

À Toulouse, Jean‑Luc Moudenc se maintient au Capitole pour un troisième mandat consécutif. Le maire sortant divers droite, 65 ans, l’emporte nettement dimanche 22 mars avec 53,84 % des voix, selon les résultats portant sur plus de 99 % des bulletins dépouillés. Il améliore ainsi ses scores de 2014 (52,06 %) et 2020 (51,98 %).

Durant la campagne, l’ancien élu LR n’avait cessé d’alerter sur ce qu’il qualifiait de “danger mélenchoniste” pour la capitale de l’aéronautique. “Dès que j’ai déposé ma candidature, j’ai dit que le danger était mélenchoniste”, a-t-il répété dimanche soir, estimant que “le Mélenchonisme est un poison mortel et dangereux” et saluant un “réflexe de protection démocratique” venu “de sensibilités extrêmement diverses”.


Une campagne “rude” face à la gauche unie

Face à lui, l’alliance PS‑Écologistes‑PC‑Génération.s, associée à La France Insoumise, échoue malgré une dynamique notable. La liste menée par François Piquemal, député LFI de Haute‑Garonne, obtient 46,16 % des suffrages.

Le candidat de gauche, acclamé par des centaines de sympathisants — dont beaucoup de jeunes, parfois en keffieh palestinien — n’a pas caché sa déception. “Il s’est passé quelque chose, un espoir formidable est né”, a-t-il déclaré, voyant dans cette campagne “une démonstration de force de ce qu’on pouvait faire”.

Jean‑Luc Moudenc, lui, a parlé de la campagne “la plus intense, la plus rude” de sa carrière. “Il y a eu des attaques, des virulences qui n’ont pas plu aux Toulousains”, a-t-il jugé.

L’alliance avec LFI a toutefois ravivé des fractures à gauche.

  • Place Publique et le PRG ont refusé d’y participer.
  • Le patron du PS, Olivier Faure, avait pourtant estimé : “Si je votais à Toulouse, je voterais François Piquemal.”
  • À l’inverse, la présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, opposée à la fusion, a rappelé que la gauche peut gagner “quand elle est claire dans ses alliances et sur ses valeurs”.

Piquemal fustige une “droite radicale”

Devant ses soutiens, François Piquemal s’est montré plus offensif encore, jugeant que Jean‑Luc Moudenc n’était “pas un centre‑droit”, mais “la droite radicale soutenue par Reconquête et le Rassemblement national”.

Les militants de gauche ont longuement scandé “siamo tutti antifascisti”, un slogan historique des mouvements antifascistes italiens.

Le socialiste François Briançon, éliminé au premier tour et qui espérait diriger la Métropole en cas de victoire de la gauche, a salué “une belle bataille”.


Une fois encore, le paradoxe toulousain

Ce scrutin confirme le paradoxe politique de Toulouse :

  • À gauche lors des élections nationales, régionales ou départementales,
  • À droite aux municipales depuis un demi‑siècle, à l’exception du mandat de Pierre Cohen (2008‑2014).

Dans cette ville de 515 000 habitants, appelée à devenir la troisième ville de France en 2027, la dynastie Baudis puis leurs héritiers Douste‑Blazy et Moudenc ont façonné le paysage municipal depuis plus de quarante ans.