Haute Garonne - Fibre Excellence : une offre de reprise examinée, 670 emplois suspendus à la décision du tribunal
L’avenir de l'usine de pâte à papier se joue ce lundi
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Publié : 8h44 par Emmanuel Bouisset
L’avenir des deux dernières grandes usines françaises de pâte à papier se joue ce lundi. Le tribunal de commerce de Toulouse doit examiner l’offre de reprise déposée par le financier Matthieu Pigasse pour sauver le groupe Fibre Excellence, placé en redressement judiciaire depuis la fin du mois d’avril.
Le projet concerne les sites de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, et de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, qui emploient au total 670 salariés. Selon Matthieu Pigasse, l’opération représenterait plus de 90 millions d’euros d’investissements afin d’éviter une liquidation judiciaire redoutée par les employés et les élus locaux.
Mais cette offre est conditionnée à plusieurs engagements de l’État. Le financier demande notamment un soutien sur le coût de l’électricité, l’approvisionnement en bois via l’Office national des forêts (ONF) et la réintégration de l’entreprise dans le système européen des quotas carbone. Des mesures jugées indispensables pour restaurer la compétitivité du fabricant de pâte à papier.
Le gouvernement se montre pour l’heure réservé. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a estimé la semaine dernière que l’offre n’était « pas au niveau », appelant à un engagement plus important des investisseurs privés aux côtés de l’État.
À l’inverse, les syndicats défendent le projet. Dans un communiqué, la CGT affirme que les financements privés nécessaires sont réunis et interpelle l’exécutif sur l’avenir de la filière industrielle. À Saint-Gaudens comme à Tarascon, les salariés restent mobilisés. Depuis plusieurs jours, ils occupent les deux sites pour dénoncer le risque de liquidation et tenter de préserver les emplois.
Fibre Excellence avait été placée en redressement judiciaire après le retrait de son actionnaire indonésien Jackson Wijaya. Malgré près de 300 millions d’euros injectés dans l’entreprise, celui-ci avait renoncé à poursuivre son soutien financier, invoquant un manque de rentabilité.
La décision du tribunal est désormais très attendue dans les deux territoires, où l’activité des usines représente un enjeu économique majeur. À Saint-Gaudens notamment, la disparition du site pourrait avoir de lourdes conséquences sur l’emploi local et l’ensemble de la filière bois-papier.
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