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Plus de 2500 personnes dans l’Aude pour les rencontres de la gauche

À Bram, Raphaël Glucksmann a reçu samedi le soutien de plusieurs socialistes d’Occitanie. Favori de la primaire social-démocrate, l’eurodéputé est toutefois appelé à renforcer sa présence sur le terrain pour paraître plus proche des réalités rurales.

Plus de 2500 personnes dans l’Aude pour les rencontres de la gauche
Plus de 2500 personnes dans l’Aude pour les rencontres de la gauche
Crédit : Jacques Dejean

Publié : 8h30 par Emmanuel Bouisset

 

Aux Rencontres de la gauche organisées à Bram par la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, Raphaël Glucksmann évoluait en terrain favorable. L’ancien candidat des élections européennes bénéficie dans la région d’un solide réseau d’élus et de militants, notamment en raison de ses positions très critiques à l’égard de La France insoumise.

« Oui, Raphaël est en terrain conquis à Bram », reconnaît d’ailleurs la députée de l’Ariège Martine Froger. Un constat que tempère aussitôt Carole Delga, soucieuse de rappeler le sens politique de cette étape de campagne. « Bram, ce n’est pas juste une machine à voter », affirme la présidente de Région. Selon elle, la commune représente aussi « un peuple qui se sent méprisé depuis dix ans » et permet au candidat de se confronter à la réalité de territoires souvent éloignés des grands centres urbains.

Pour celle qui avait envisagé de briguer elle-même l’investiture social-démocrate, Raphaël Glucksmann apparaît aujourd’hui comme le candidat le plus capable de porter les couleurs de la gauche réformiste à l’élection présidentielle. « Il est le mieux placé d’entre nous pour gagner la présidentielle », assure-t-elle.

La présidente d’Occitanie reconnaît toutefois que le dirigeant de Place publique traîne encore une image parfois défavorable dans certains secteurs ruraux. « C’est un sujet qu’on a à travailler, qu’il ne soit pas enfermé dans la caricature du Germanopratin intello », estime-t-elle. Une critique régulièrement formulée par ses adversaires internes.

Carole Delga prend néanmoins sa défense, refusant qu’il soit réduit à son milieu d’origine. « Oui c’est un intellectuel, oui il est enfant d’intellectuel, mais je suis quand même très étonnée que quand on est de gauche, on veuille enfermer une personne dans sa condition de naissance », lance-t-elle, dans une allusion à peine voilée aux arguments développés par certains de ses concurrents à la primaire.

À ses yeux, Raphaël Glucksmann dispose au contraire de qualités qui peuvent lui permettre d’élargir son audience. Elle vante « une vraie capacité d’écoute », « une bonne connaissance de nombreux sujets » et un candidat « en contact avec les vrais gens ».

Même parmi ses soutiens, le message reste cependant le même : il doit poursuivre son ancrage territorial. Martine Froger juge ainsi qu’il « a besoin d’être très présent sur le terrain et sur la ruralité ». Elle l’invite à concentrer davantage son discours sur les préoccupations quotidiennes des Français, notamment le pouvoir d’achat et le prix des carburants.

Conscient de cet enjeu, Raphaël Glucksmann explique être venu à Bram pour mobiliser les militants en vue de la primaire. Il leur demande notamment d’encourager de nouvelles adhésions, un élément stratégique dans un scrutin dont une partie du corps électoral reste encore à constituer.

Le candidat assure par ailleurs qu’il mènera campagne dans l’ensemble du pays, y compris dans les « territoires oubliés ». Lors d’un débat organisé dans l’après-midi, il a mis en avant des thèmes liés à « l’usine, l’industrie, l’agriculture, les conditions de travail » et aux salaires.

Ses rivaux n’étaient pas absents de ce rendez-vous occitan. Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj avaient également fait le déplacement dans l’Aude pour rencontrer les militants. Ce dernier s’est montré combatif, estimant que l’issue de la primaire dépendrait avant tout de la détermination des candidats. « C’est celui qui aura le plus la niaque qui l’emportera », a-t-il lancé.

Ecoutez l'interview audio d'Hélène Sandragné, présidente du Conseil départemental de l’Aude. 

 

 

 

Hélène Sandragné, présidente du conseil départemental de l’Aude
Hélène Sandragné, présidente du conseil départemental de l’Aude
Crédit : Jacques Dejean