Toulouse: 16 manifestants placés en garde à vue hier en marge de la manifestation des agriculteurs

Ce matin des tracteurs sont entrés dans Paris pour maintenir la pression

Tracteurs en route vers Paris
Des tracteurs en route vers Paris
Crédit : Facebook coordination rurale81

Publié : 8 janvier 2026 à 8h53 par Cécile Gabaude avec l'AFP

Bravant les intempéries, les interdictions préfectorales et faisant fi des dernières annonces du gouvernement, une centaine de tracteurs menée pas des agriculteurs de la Coordination Rurale sont entrés dans Paris, tôt ce jeudi 8 janvier 2026, pour manifester le ras-le-bol de la profession. Ils sont passés devant la Tour Eiffel puis direction Les Champs Elysées.

Epizootie de dermatose bovine (DNC), cours du blé et prix élevé des engrais, menace d'une concurrence accrue des pays latino-américains du Mercosur... "Tant qu'on n'aura pas de réponse", les agriculteurs maintiendront la pression sur Paris et Bruxelles, a déclaré à l'AFP Lionel Candelon, président de la Chambre d'agriculture du Gers et membre de la direction nationale de la Coordination rurale (CR).

Dans le Sud-Ouest, la mobilisation s'est poursuivie ce mercredi à renfort de tracteurs, fumier et bottes de paille, les agriculteurs érigeant une dizaine de barrages sur les principaux axes autour de Toulouse. Et ce, malgré les interdictions préfectorales de manifester prises notamment en raison du "risque de troubles à l'ordre public".

Au total, 16 manifestants ont été placés en garde à vue au cours de la journée de mercredi, principalement pour entrave à la circulation, et 12 dossiers ont été transmis au parquet, a indiqué le procureur de la République de Toulouse David Charmatz dans un communiqué. Toutes les gardes à vue avaient été levées en fin de journée.

 "Cette situation est inacceptable et illustre une dérive grave dans la gestion de ce mouvement agricole", avait regretté plus tôt dans la journée l'intersyndicale agricole de Haute-Garonne.

Mercredi en fin de journée, les points de blocage autour de Toulouse s'étaient en partie desserrés, notamment sous la pression des forces de l'ordre selon les manifestants joints par l'AFP, mais la circulation restait perturbée sur l'A61 et la RN124. "C'est une guerre d'usure. On est déterminés à faire le nécessaire pour avoir des réponses et être entendus", a lancé depuis un cortège à l'ouest de Toulouse Pierre Solana, éleveur du Gers de 37 ans, après que le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis mardi à la FNSEA des annonces d'ici la fin de semaine.

Après son entretien avec M. Lecornu, le patron de la FNSEA Arnaud Rousseau a répété mardi que l'accord UE-Mercosur, dont la signature est prévue le 12 janvier, représentait "le symbole de ce que nous ne voulons pas pour l'agriculture européenne". En attendant, le gouvernement a encore tenté de donner des gages au monde agricole en marge de la réunion des ministres de l'Agriculture à Bruxelles, la ministre française Annie Genevard affirmant que "la taxe carbone (européenne) sur les engrais pourra être suspendue". Une annonce que n'a toutefois pas confirmée la Commission européenne.

Même la rallonge budgétaire de 45 milliards d'euros promise dans la future politique agricole commune (PAC) ne devrait pas "faire avaler la pilule du Mercosur" aux agriculteurs, a estimé le député de la Somme (ex-LFI) François Ruffin.