ActualitésPyrénées-Atlantiques

Pau : Le procès de l'élève qui avait poignardé sa professeure s'ouvre ce mardi

Les faits s'étaient déroulés dans un lycée du Pays Basque en 2023.

Lycée saint jean de luz
Le collège-lycée privé Saint-Thomas-d'Aquin, à Saint-Jean-de-Luz, où s'est produit le drame.
Crédit : Lycée saint jean de luz
Publié : 8h43

Le procès de l'élève meurtrier d'Agnès Lassalle, professeure d'espagnol poignardée dans sa classe en 2023 à Saint-Jean-de-Luz, s'ouvre mardi, à huis clos, devant la cour d'assises des mineurs des Pyrénées-Atlantiques qui débattra notamment de la responsabilité pénale de l'accusé.

   Le 22 février 2023, cette femme de 53 ans qui enseignait depuis 1997 au collège-lycée privé catholique Saint-Thomas d'Aquin a été tuée d'un coup de couteau à la poitrine porté par l'adolescent.

   A 09H45 ce jour-là, alors que le cours touche à sa fin, le garçon âgé de 16 ans à l'époque se lève, verrouille la porte de la salle et se retourne, un couteau de cuisine à la main.

   Il s'approche d'Agnès Lassalle et la frappe avec cette lame de 18 cm, "d'un coup sec" selon les témoins de la scène qui prennent la fuite. Les secours ne parviendront pas à sauver la victime, frappée au niveau du coeur.

   A Pau, les jurés devront statuer sur le discernement de l'accusé, âgé de 19 ans aujourd'hui, qui a expliqué son geste par une "petite voix" qui lui parlait, un être "égoïste, manipulateur, égocentrique" qui l'aurait incité à "faire le mal".

   Les expertises psychiatriques réalisées pour évaluer sa responsabilité pénale s'avèrent contradictoires.

   L'une écarte tout "trouble psychique ou neuro-psychique ayant aboli ou altéré son discernement ou le contrôle de ses actes", une autre parle d'un discernement "légèrement altéré", quand un dernier rapport remis en novembre 2024 le juge "aboli".

   Durant les débats, il sera aussi question de la préméditation du geste de l'adolescent, poursuivi pour assassinat. Il avait récupéré le couteau de cuisine la veille chez son père, l'enroulant dans du papier essuie-tout et le glissant dans son sac pour aller au lycée le lendemain.

   La mort d'Agnès Lassalle avait suscité une grande émotion au sein de la communauté éducative. Une minute de silence avait été observée dans les établissements scolaires du pays, un peu plus de deux ans après l'assassinat de Samuel Paty.

   Huit mois plus tard, le professeur de français Dominique Bernard avait été poignardé à mort devant son établissement par un ancien élève fiché pour radicalisation islamiste. L'AFP a recensé une dizaine de meurtres de professeurs depuis une quarantaine d'années dans le cadre de leur fonction.