Lynchage dans l’Aude : le caractère raciste reconnu en appel
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Publié : 8h47 par Emmanuel Bouisset
La cour d’appel de Montpellier a reconnu le caractère raciste d’une agression survenue lors d’une fête de village à Verzeille, dans l’Aude, en juillet 2022. Dans un arrêt rendu mi-juin, la juridiction estime que les propos « C’est les noirs qui piquent » constituent une provocation publique à la haine visant un groupe en raison de son origine.
Cette décision marque un revirement par rapport au jugement du tribunal correctionnel de Carcassonne. Fin 2024, celui-ci avait condamné un des principaux agresseurs à 18 mois de prison avec sursis pour violences, sans retenir le caractère raciste des faits.
Les faits remontent au 24 juillet 2022. Lors d’un bal de village, une rumeur infondée accusant certains participants de piqûres à la seringue se propage. Très vite, deux hommes originaires de Guadeloupe et de Mayotte sont pris pour cible. Poursuivis par plusieurs individus, ils sont violemment passés à tabac en pleine foule.
Pour la cour d’appel, la formule employée ne se limitait pas à désigner des suspects, mais visait explicitement « un groupe de personnes déterminé à raison de son origine ou de sa couleur de peau ».
Sur le plan civil, l’une des victimes, à l’origine de l’appel, a obtenu 5.000 euros de dommages et intérêts.
L’affaire n’est toutefois pas totalement close. La justice a également décidé d’approfondir les investigations, estimant que certains faits, notamment des menaces de mort et l’implication d’autres participants, n’avaient pas été suffisamment examinés. Une trentaine de personnes auraient été identifiées lors de la soirée.
Après plusieurs années de procédure, cette décision vient reconnaître le contexte raciste dénoncé par les victimes et leurs soutiens depuis le début de l’affaire.
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