Lot-et-Garonne : la Coordination rurale hausse le ton contre le coût du carburant agricole
À Agen, la Coordination rurale a mené une nouvelle action coup de poing en déposant des citernes et bidons vides devant la préfecture pour dénoncer le coût du gazole non routier.
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Publié : 8h04 par Emmanuel Bouisset
Une centaine d’agriculteurs de la Coordination rurale se sont mobilisés lundi à Agen pour dénoncer l'envolée du prix du gazole non routier (GNR), indispensable au fonctionnement des exploitations. Après avoir bloqué un rond-point avec une vingtaine de tracteurs, les manifestants ont déposé des bidons et des citernes vides devant la préfecture du Lot-et-Garonne avant de rencontrer le préfet.
Pour José Perez, président départemental du syndicat, les charges des exploitations deviennent insoutenables dans un contexte déjà marqué par les conséquences d'un été caniculaire. La Coordination rurale réclame notamment un prix du GNR plafonné à un euro TTC le litre, soit près de deux fois moins que les tarifs actuellement pratiqués.
Cette mobilisation intervient alors qu'une aide de 15 centimes par litre est accordée aux agriculteurs depuis le printemps. Une mesure prolongée jusqu'à la fin de l'année par le gouvernement. Lundi, une autre annonce a retenu l'attention du monde agricole : le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a indiqué qu'une baisse de 20 centimes par litre de GNR devrait intervenir à partir du mois de novembre grâce à un déstockage de carburants.
Mais pour les représentants de la Coordination rurale, ces mesures restent insuffisantes. Le président national du syndicat, Bertrand Venteau, a également appelé à la mise en place d'un bouclier tarifaire sur l'électricité et le gaz.
La mobilisation pourrait n'être qu'un début. Karine Duc, présidente de la Chambre d'agriculture du Lot-et-Garonne, estime que près de 80 % des agriculteurs du département sont aujourd'hui en grande difficulté. Selon elle, les pertes liées à la sécheresse, aux canicules, mais aussi aux tempêtes et inondations de cet hiver, atteindraient près de 600 millions d'euros dans le département.
Face à cette situation, la Coordination rurale appelle l'ensemble des acteurs, de l'État aux banques en passant par les fournisseurs, à participer à l'effort pour éviter l'asphyxie d'un secteur agricole jugé en situation d'urgence.
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