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Le marché immobilier reste sous tension en Tarn-et-Garonne

Montauban et le sud du département continuent de tirer leur épingle du jeu... découvrez le bilan complet présenté par le notaire Maître Julien Lacombe

Immobilier en Tarn-et-Garonne : moins de ventes, mais des prix qui résistent
Immobilier en Tarn-et-Garonne : moins de ventes, mais des prix qui résistent

Publié : 8h09 par Emmanuel Bouisset

 
Le constat dressé par la Chambre des notaires de la Cour d’appel de Toulouse est sans véritable embellie : le marché immobilier du Tarn-et-Garonne reste crispé. Sur la période allant du 1er juillet 2025 au 30 juin 2026, les volumes de transactions ont diminué, tandis que les prix restent à des niveaux élevés.
Pour Maître Julien Lacombe, délégué de la Chambre des notaires chargé du marché immobilier en Tarn-et-Garonne, cette situation témoigne à la fois d'une crise de l'immobilier et, plus largement, d'une crise du logement. Le département retrouve désormais des volumes de ventes comparables à ceux observés il y a une dizaine d'années.

Les maisons anciennes particulièrement touchées

Le recul est surtout visible sur le marché des maisons anciennes. 2 440 ventes ont été enregistrées en un an, contre 2 760 l'année précédente, soit une diminution de 12 %. Dans le même temps, le prix médian progresse de 3,9 % pour atteindre 185 000 euros.
Les écarts restent toutefois importants selon les territoires. Montauban demeure le secteur le plus attractif avec un prix médian de 219 600 euros, devant le sud du département, où il atteint 213 500 euros. À l'inverse, dans des secteurs plus ruraux comme le Quercy Est ou la Gascogne, les prix médians tournent autour de 150 000 euros.
Certaines communes connaissent également des trajectoires très différentes. À Montbeton, le prix médian atteint 230 500 euros, en hausse de 11 %. Nègrepelisse recule de 2,5 %, à 203 000 euros, tandis que Montech affiche une baisse de 5,9 %, avec un prix médian de 191 000 euros.

Montauban et le sud du département résistent

Du côté des appartements anciens, la baisse des transactions est plus limitée. 680 ventes ont été enregistrées contre 720 un an auparavant, soit un recul de 5,6 %. Le prix médian s'établit à 1 820 euros le mètre carré, en légère baisse de 0,8 %. Il reste cependant très supérieur aux quelque 1 250 euros constatés il y a dix ans.
Montauban conserve sa place de marché la plus dynamique du département avec un prix médian de 1 940 euros le mètre carré. Mais le sud du Tarn-et-Garonne progresse fortement : les prix y ont augmenté de 11 % pour atteindre 1 780 euros le mètre carré. Une attractivité que les notaires expliquent notamment par la proximité de Toulouse et par le report de certains projets immobiliers initialement envisagés en Haute-Garonne.

Le terrain à bâtir toujours en souffrance

Le marché des terrains à bâtir ne montre pas davantage de signes de reprise. Les ventes stagnent à 360 transactions, contre 610 encore en 2017. Le prix médian recule de 4,2 % pour s'établir à 46 000 euros.
Là encore, Montauban et le sud du département affichent les niveaux les plus élevés, respectivement 59 100 et 60 000 euros. Malgré le prix élevé des maisons existantes, les notaires ne constatent donc pas de véritable report des acheteurs vers les terrains à bâtir.

Des acheteurs majoritairement tarn-et-garonnais

Le profil des acquéreurs, lui, évolue peu. Les 30-39 ans représentent 26 % des ventes et 67 % des acheteurs sont déjà originaires du Tarn-et-Garonne. Les professions intermédiaires constituent 28 % des acquéreurs.
Les notaires constatent néanmoins une évolution : les biens revendus moins de cinq ans après leur acquisition sont de plus en plus nombreux. Pour Maître Lacombe, plusieurs explications peuvent entrer en ligne de compte, parmi lesquelles de nouvelles stratégies patrimoniales ou davantage de changements dans les situations personnelles des propriétaires.

Des perspectives encore prudentes

Pour les prochains mois, les notaires restent réservés. Le niveau des taux, l'inflation et les incertitudes économiques continuent de peser sur la capacité d'achat des ménages. Les avant-contrats enregistrés ces derniers mois suggèrent d'ailleurs davantage une stabilisation qu'un véritable redémarrage du marché.
Une stabilisation pourrait néanmoins constituer une première étape avant une éventuelle détente des prix. Le Tarn-et-Garonne conserve plusieurs atouts, notamment l'attractivité de Montauban et la proximité de l'agglomération toulousaine.
 
🎧 Ecoutez l'analyse de Maître Julien Lacombe, notaire et délégué de la Chambre des notaires de la Cour d’appel de Toulouse en charge du marché immobilier du Tarn-et-Garonne.
Maître Julien Lacombe, notaire et délégué de la Chambre des notaires de la Cour d’appel de Toulouse
Maître Julien Lacombe, notaire et délégué de la Chambre des notaires de la Cour d’appel de Toulouse
Crédit : Cassandra Touré