Féminicide de Lamothe‑Capdeville (82) : Sébastien Bettencourt reconnaît les faits à l’ouverture de son procès
L’électricien‑chauffagiste de 41 ans est jugé pour le meurtre de son épouse Isabelle, commis en mars 2023
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Publié : 8h33 par Emmanuel Bouisset
Le procès de Sébastien Bettencourt s’est ouvert mercredi 8 avril devant la cour d’assises de Tarn‑et‑Garonne, à Montauban. L’électricien‑chauffagiste de 41 ans est jugé pour le meurtre de son épouse Isabelle, commis en mars 2023 à Lamothe‑Capdeville. Dès l’ouverture des débats, l’accusé a reconnu les faits, tout en maintenant l’idée d’une perte de contrôle et d’une amnésie partielle.
« Je reconnais tout », a déclaré Sébastien Bettencourt après la lecture de l’ordonnance de mise en accusation par la présidente de la cour, Marie Leclair. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir étranglé, poignardé et violé son épouse, avec des actes qualifiés de torture et de barbarie par l’accusation.
Les faits remontent à la nuit du 13 mars 2023. Isabelle Bettencourt, qui souhaitait divorcer mais vivait encore au domicile conjugal, a été tuée alors que ses cinq filles, âgées de 4 à 14 ans à l’époque, dormaient dans la maison. Au petit matin, les deux filles aînées découvrent des traces de sang dans le couloir, puis le corps sans vie de leur mère dans la chambre parentale. Ce sont elles qui alertent les secours.
Une nuit de violences extrêmes
Lors de l’instruction, plusieurs des filles ont décrit avoir entendu une dispute vers 4 heures du matin, puis une voix prononcer les mots « Repose en paix ». Selon l’aînée, leur père serait ensuite venu la rassurer dans sa chambre avant de quitter le domicile. Une autre a affirmé avoir vu Sébastien Bettencourt en pleine nuit tenant un couteau couvert de sang.
L’accusé est retrouvé quelques heures plus tard, prostré, couvert de sang, dans le coffre de sa propre voiture, à proximité d’un couteau ensanglanté. Les tests pratiqués révéleront une absence de consommation d’alcool ou de stupéfiants.
L’autopsie de la victime fait état de deux plaies par arme blanche au thorax, de lésions vaginales et anales graves, ainsi que d’une fracturation du cartilage thyroïde compatible avec une strangulation. La mort aurait été causée à la fois par une hémorragie massive et par asphyxie.
Une amnésie au cœur des débats
Tout au long de l’instruction, Sébastien Bettencourt a affirmé s’être « réveillé » alors qu’il était déjà en train d’étrangler son épouse, sans comprendre ce qu’il faisait ni pourquoi il s’était retrouvé avec un couteau dans les mains. Il a déclaré n’avoir pu arrêter son geste et ne se souvenir d’aucune violence sexuelle. Quelques mois plus tard, il évoquait une perte totale de contrôle durant les faits.
La cour devra donc tenter de faire la lumière sur cette amnésie revendiquée, les supposées pertes de contrôle, mais aussi d’éventuels troubles du comportement, la défense ayant évoqué des crises de somnambulisme dont l’accusé aurait souffert à l’adolescence.
Deux personnalités contrastées
L’enquêtrice de personnalité a décrit Sébastien Bettencourt comme un homme au parcours « en apparence ordinaire », mais à « l’existence tourmentée », marquée par le divorce de ses parents et des violences paternelles. Doté d’une personnalité effacée, il évitait les conflits. Sa mère, entendue à la barre, a évoqué un homme « renfermé comme une cocotte‑minute », « à bout physiquement et psychiquement ».
À l’inverse, Isabelle Bettencourt a été décrite comme droite et joyeuse. Les investigations ont établi qu’elle était tombée amoureuse d’un collègue de son mari, devenu son confident après avoir repoussé ses avances. Les enquêteurs estiment que cette situation aurait nourri une jalousie importante chez l’accusé, même si celui‑ci le conteste.
Les enfants, victimes collatérales
Les cinq filles du couple, désormais élevées par leur grand‑mère maternelle, occupent une place centrale dans ce dossier. Pendant l’enquête, certaines ont révélé avoir subi de la part de leur père des violences physiques et psychologiques. Ces faits feront l’objet d’un procès distinct devant le tribunal correctionnel en mai prochain, pour violences éducatives ordinaires.
Une vingtaine de témoins et d’experts doivent être entendus durant ce procès, dont le verdict est attendu lundi 13 avril. Un procès marqué dès son ouverture par la reconnaissance des faits, mais aussi par le poids du mystère entourant l’état mental de l’accusé au moment des faits.
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