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Toulouse : l'agression de policiers municipaux n'a pas de caractère islamiste, selon le parquet

Le principal suspect, un Italien de 30 ans, a été mis en examen pour tentative de meurtre sur trois personnes dépositaires de l'autorité publique et placé en détention provisoire.

 Agression de policiers municipaux à Toulouse : pas de "caractère islamiste", selon le parquet
Agression de policiers municipaux à Toulouse : pas de "caractère islamiste", selon le parquet

Publié : 8h23 par Emmanuel Bouisset

 

 

Trois jours après l'agression au couteau de trois policiers municipaux dans le centre de Toulouse, le parquet estime que les faits ne présentent pas de caractère islamiste. Le principal suspect, un Italien de 30 ans, a été mis en examen pour tentative de meurtre sur trois personnes dépositaires de l'autorité publique et placé en détention provisoire.

Lundi en fin d'après-midi, l'homme avait interpellé un équipage de police municipale avant de menacer les agents avec une arme blanche. Selon le procureur de la République de Toulouse, David Charmatz, les trois fonctionnaires sont alors descendus de leur véhicule pour procéder à son interpellation. Le suspect leur a porté plusieurs coups à l'aide d'un couteau à huîtres tout en criant à plusieurs reprises « Allah Akbar ».

Deux policiers, un homme et une femme, ont été blessés aux bras. Grâce à leurs équipements de protection, leurs blessures sont restées légères et ont entraîné deux jours d'incapacité totale de travail (ITT). Une troisième fonctionnaire n'a pas été touchée.

Dans son communiqué, le procureur a salué « le remarquable sang-froid » des policiers municipaux, soulignant qu'ils n'ont pas fait usage de leur arme de service malgré la violence de l'attaque. L'agresseur présumé était par ailleurs porteur de trois armes blanches au moment de son interpellation.

Rapidement après les faits, la question d'une éventuelle motivation terroriste s'est posée en raison des propos tenus par le suspect. Toutefois, le Parquet national antiterroriste (PNAT) a décidé de ne pas se saisir du dossier. Les investigations menées depuis l'arrestation de l'homme orientent davantage vers des troubles psychiatriques.

Placée une première fois en garde à vue, la personne mise en cause a ensuite été hospitalisée dans une unité psychiatrique avant d'être de nouveau entendue par les enquêteurs. Lors de son audition, elle a expliqué avoir agi en obéissant à des voix. Pour le procureur, ses déclarations « excluent tout caractère islamiste » mais témoignent d'« une personnalité très perturbée sur le plan psychiatrique ».

Des examens psychiatriques ont été réalisés. Les spécialistes n'ont pas conclu à une abolition du discernement au moment des faits, tout en recommandant qu'une expertise psychiatrique approfondie soit menée à distance de l'événement. Celle-ci sera ordonnée dans le cadre de l'information judiciaire afin de déterminer le degré de responsabilité pénale du suspect.

L'enquête se poursuit sous l'autorité d'un juge d'instruction.