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TARN: Jusqu'à huit mois de prison pour des militants d'extrême droite après une expédition punitive à Albi en 2025

Dans leur viseur: un militant anti fasciste

Tribunal Albi
Le tribunal correctionnel d'Albi
Crédit : DR

Publié : 17 avril 2026 à 8h25 par Cécile Gabaude avec AFP

Onze militants d'extrême droite proches du groupuscule identitaire Patria Albiges ont été condamnés ce jeudi 16 avril 2026 par le tribunal correctionnel d'Albi à des peines de quatre à huit mois de prison, avec sursis pour dix d'entre eux, pour avoir pris part à une expédition punitive contre un militant antifasciste en 2025. Les douze prévenus, âgés de 19 à 29 ans, étaient notamment poursuivis pour "violence avec usage d'une arme" et "groupement en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction de biens".Ils figuraient parmi la quinzaine d'individus cagoulés, armés notamment de matraques télescopiques et de poings américains, qui se sont rendus dans un bar d'Albi, la nuit du 25 avril 2025, avec "une attitude menaçante et revancharde" pour s'en prendre à un militant antifasciste, a raconté lors du procès la procureure d'Albi Stéphanie Bazart.

Menacé, le militant antifasciste s'était réfugié dans la cave de l'établissement tandis que des clients cherchaient à s'interposer. Une sexagénaire, qui avait cherché à arracher le masque d'un des individus, avait reçu en retour un violent coup de poing au visage.

Quelques heures plus tôt, Clément Cabrolier, ancien cadre de Patria Albiges et fils de l'ex-député RN Frédéric Cabrolier, avait lui-même été agressé par un groupe d'une dizaine de personnes suspectées de liens avec le mouvement antifasciste.

Patria Albiges figure parmi trois groupuscules devant prochainement être dissouts, comme annoncé début mars par la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.

Les peines prononcées jeudi sont légèrement inférieures à celles requises par le ministère public, de six à dix mois de prison avec sursis pour neuf des prévenus et de 12 mois dont quatre avec sursis pour l'un d'eux, en état de récidive légale.

"Derrière le vernis du scoutisme, ce sont des méthodes de terroristes", a dénoncé l'avocat de la sexagénaire frappée au visage, Me Kamel Benamghar, regrettant l'absence d'une "amorce de critique" chez les prévenus. Du côté de la défense, Me Pierre-Vincent Lambert a dénoncé un "dossier gruyère", tandis que Me Mathieu Soussi a regretté "des dénonciations calomnieuse de la mouvance communiste".