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TARN: début de la reconstituion dans l'affaire Jubillar après les aveux de cet été

Accusé, avocats, magistrats se retrouvent ce vendredi à Cagnac-les-Mines et Mailhoc

Jubillar reconstitution
Quartier bouclé à Cagnac-les-Mines près de la maison du couple Jubillar
Crédit : 100% Radio

Publié : 8h46 par Cécile Gabaude avec afp

Dans quelles circonstances Cédric Jubillar a-t-il tué son épouse? Ses aveux tardifs correspondent-ils aux constatations des enquêteurs? Une reconstitution de la nuit du meurtre de Delphine Aussaguel est organisée vendredi 2 octobre 2026 à Cagnac-les-Mines puis à Mailhoc (Tarn).

 Dans la maison où le couple résidait avec ses deux enfants dans le village de Cagnac-les-Mines, puis dans le champ de Mailhoc où des ossements de l'infirmière ont été découverts le 16 juillet et ce mercredi 30 septembre 2026, magistrats, gendarmes et avocats de la partie civile scruteront les gestes de celui qui a fini par admettre son crime, après cinq ans de déni. Alors que les faits se sont déroulés dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, en plein confinement, les protagonistes sont convoqués à 09h30. Il va plutôt y avoir "une mise en situation", précise la première présidente de la cour d'appel de Toulouse Chantal Ferreira.

Le 15 juillet, le peintre-plaquiste de 39 ans, en détention provisoire depuis juin 2021, a avoué avoir étranglé sa femme à la suite d'une dispute, dans leur maison, alors que les enfants dormaient. Cette révélation a été suivie d'une autre: l'endroit où il a enterré le corps, en lisière d'un champ à Mailhoc, un village distant d'une dizaine de kilomètres. L'analyse ADN des ossements exhumés le 16 juillet a confirmé qu'il s'agissait bien de restes de Delphine Aussaguel, jeune infirmière de 33 ans qui travaillait dans une clinique d'Albi.

A-t-il prémédité son geste et la dissimulation du cadavre ? Comme Cédric Jubillar avait dit à des proches, selon lui sur le ton de la plaisanterie, qu'il allait tuer sa femme, l'enterrer et que personne ne la retrouverait, des avocats de la partie civile se demandent si la journée de vendredi peut fournir des indications accréditant cette hypothèse. Le principal enjeu est de tenter de déterminer si le crime a été spontané ou préparé, pour éclairer les magistrats et les jurés qui le jugeront lors de son procès en appel prévu à Toulouse du 30 avril au 14 mai.

Condamné en première instance à 30 ans de réclusion criminelle, il encourt la perpétuité.

Philippe Pressecq, avocat d'une cousine de la victime, regrette pour sa part que la reconstitution se fasse de jour, estimant que "ce qui s'est passé à l'extérieur, il faut que ce soit fait la nuit, c'est une évidence". La reconstitution conduira d'abord la juge d'instruction, les enquêteurs, les avocats de la défense et de la partie civile dans la maison des Jubillar, où l'accusé devra expliquer et montrer in situ comment il a donné la mort à son épouse. Ce qui s'est passé cette nuit-là "va être remis en scène", anticipe Mme Ferreira.

Devant la maison inachevée, scène du crime, les broussailles et herbes hautes qui avaient envahi le jardin en contrebas de l'habitation ont été coupées récemment pour faciliter l'accès. Les enquêteurs prendront ensuite la route pour rejoindre le lieu où Cédric Jubillar a enterré Delphine, en lisière d'un champ situé sur la commune de Mailhoc, un lieu aperçu auparavant "dans le cadre d'un chantier", a-t-il dit à la juge lors de son audition.