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Près de Toulouse, les hackers s’étaient connectés aux distributeurs bancaires pour les vider

Une technique très spécifique, mais police et gendarmerie ont mis hors d’état de nuire les malfaiteurs.

Cyber gendarmes - illustration
Crédit: @GGND 81

12 mai 2023 à 22h49 par Brice Vidal

« Ils sont très forts, ce sont des professionnels, pas les petits malfrats du coin » nous glissait à l’époque du "casse" une source proche du dossier. Les trois malfaiteurs pirataient les DAB. Ils avaient vidé le distributeur automatique d’Eaunes près de Muret, fin avril. Connectés grâce à un ordinateur au système bancaire, ils appuyaient sur un bouton et l’appareil crachait les billets. Simple, efficace. Sauf que les gendarmes des Sections de recherches de Toulouse, puis dans un second temps, de Bordeaux ont réussi à les identifier. Le gang de mafieux, composé d’hommes âgés de 26 à 31 ans, a été interpellé mardi. Leurs faits d’armes : « 11 piratages commis en Aquitaine, Poitou-Charentes et Occitanie » nous précise le parquet de Paris qui pilote cette enquête. Le préjudice financier est évalué « à plus de 80 000 euros ». Ces braqueurs de haut vol n’opèrent pas de jour, calibre à la main comme dans les années 70 et 80, mais de nuit. Ce sont des hackers professionnels, qui disposent de logiciels – parfois russes - spécifiques.

 

Les suites judiciaires

Les mis en cause ont été mis en examen « le 12 mai pour des faits de vols en bande organisée (ils encourent 15 ans), et association de malfaiteurs en vue de commettre le crime de bande organisée (ils encourent 10 ans), ainsi que pour entrave et altération du fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données, maintien frauduleux dans celui-ci et détention de matériel permettant de le faire (peine encourue pour chacun de ces délits : 5 ans, 150 000 euros d’amende)» nous indique le parquet de Paris.

 

Une foultitude de services d’enquête pour coffrer les malfaiteurs

L’enquête, ouverte en mars 2023, a nécessité la coopération de nombreux services. Des investigations « sous la direction de la section de lutte contre la cybercriminalité de la Juridiction Nationale de Lutte contre la Criminalité Organisée (JUNALCO) du Tribunal Judiciaire de Paris ». L’OCLCTIC « Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l’Information et de la Communication de la Direction centrale de la police judiciaire » coordonnait l’enquête ; impliquant « le Commandement de la Gendarmerie dans le Cyberespace (COMCYBERGEND), la PJ, la Section de Recherches de la Gendarmerie (SR) de Bordeaux, ainsi que des militaires de la brigade de recherches (BR) de Dax, et du Peloton spécialisé de protection de Blaye ».