Son porte-parole est responsable de plusieurs structures dans les Pyrénées-Orientales. Aujourd'hui, les inquiétudes sont nombreuses pour les gérants comme les adhérents.


Voilà 8 mois que les 6 millions d'adhérents français aux salles de sport en sont privé. Les conséquences : une diminution de l'activité physique et un certain mal-être. Du coté des professionnels du sport, la colère monte au point qu'une plainte a été portée courant fin mars contre le gouvernement. À l'origine, un collectif représenté par son porte-parole Sébastien Rozier qui dénonce la "non-assistance aux chefs d'entreprise en danger".

Des millions d'adhérents privés de leurs salles

Depuis octobre dernier, les salles de sports sont fermées et n'ont toujours pas leur calendrier de réouverture. Ce n'est pas le cas de certains corps de métiers comme la restauration. C'est une situation qui se veut difficile chez les professionnels du sport. En 2019, le secteur représentait plus de 5,96 millions d'adhérents en France. Le malaise se fait aussi sentir du côté des sportifs qui pour une partie ne peuvent plus pratiquer d'activités physique. "Ça commence sérieusement à manquer", désespère Kevin. Aujourd'hui, ce manque est difficile à combler pour cet adhérent perpignanais. "Même si on peut faire du sport en plein air, c'est vrai qu'on n'a pas vraiment de moyen de faire le sport qu'on faisait avant en allant à la salle". Cette situation met en colère les gérants. 180 d’entre eux en France se sont réunis en un collectif contre les mesures du gouvernement.

Une plainte pour "non-assistance aux chefs d'entreprise en danger"

Créé en novembre dernier, le collectif a finalement déposé une plainte le 27 mars dernier pour "mise en danger de société commerciale" et "non-assistance aux chefs d'entreprise en danger", contre le premier ministre Jean Castex, mais aussi Roxana Maracineanu et Olivier Véran, ministres des sports et de la santé. Derrière cette action, ce n'est pas moins de 180 salles de sports qui sont représentées par leurs gérants. Pour Sébastien Rozier, responsable de plusieurs structures mais aussi porte-parole du collectif, "on a fait porter aux clubs de loisirs indoor et de remise en forme une étiquette de lieux de contamination. Aucune salle de sport n'a été détectée comme cluster."

Le gérant soutient que des budgets très importants ont été mis en place rapidement pour sécuriser les lieux. "Je crois qu'on ne peut pas mieux faire, aujourd'hui on nous a fermé administrativement sur des motifs qui nous semblent complètement arbitraires."  Pour ce professionnel, les aides de l'État ne sauveront pas les pertes et donc les nombreuses entreprises en difficulté.

Une crainte pour les conditions de réouverture

Les responsables de salles de sport ne partagent pas tous précisément le même avis. "On est passé par plusieurs sentiments, au début ça paraissait surréaliste," confie Muriel Mollera, gérante de Top Form à Cabestany, qui "peut comprendre" être considéré comme "lieu à risque". Selon elle, "bien que les aides financières de l'État ne suffisent absolument pas à couvrir les frais, elles aident du moins à garder la tête hors de l'eau".

Cependant, l'absence de visibilité sur les conditions de réouverture inquiète. Après presque 8 mois de fermeture, la plus grosse crainte pour la gérante de Top Form serait "une jauge à 30% ou des restrictions sanitaires quasi impossible à mettre en place."  "Ça serait une catastrophe. À moins qu’on poursuive les aides pour qu’on puisse s’en sortir." Aujourd’hui la profession table sur une réouverture pour juin, bien trop tard malheureusement pour la remise en forme d’avant été…

 

Reportage.


Jérémy Puig, avec G.K.


Voir aussi