ActualitésHérault

Une deuxième femme tuée en deux jours à Béziers

Cette fois la thèse du féminicide est privilégiée. L'ex compagnon a un très lourd passé judiciaire.     

100%

17 mai 2022 à 8h28 par La Rédaction

 

Lundi en fin de matinée sur des indications de l'auteur présumé des faits, la police a découvert le corps sans vie d'une femme de 37 ans dans son domicile à Béziers, alors que "ses deux enfants âgés de 12 et 17 ans se trouvaient alors dans leurs établissements scolaires respectifs " révèle le procureur de la République Raphaël Balland ce lundi soir. La victime portait plusieurs plaies au thorax probablement infligées avec une arme blanche. La vidéosurveillance a permis aux enquêteurs de découvrir que l'ex concubin de la victime, "âgé de 40 ans et père des deux enfants", "s’était présenté au domicile de la victime vers huit heures du matin et qu’il en était ressorti en milieu de matinée".

Il a appelé  ensuite la mère de son ex et les gendarmes pour s'accuser. Un gros dispositif a été déployé pour retrouver l'ex concubin : gendarmes, hélicoptère... L'homme était repéré "dans l'après-midi sur une aire d'autoroute dans l’Aude entre Narbonne et Carcassonne". Il était finalement interpellé à Marseillette dans l’Aude peu avant 20 heures. L'homme aux lourds antécédents judiciaires - deux condamnations en 2008 pour des viols à 8 ans d'emprisonnement et 12 ans de réclusion criminelle - a été placé en garde à vue "dans la perspective de l'ouverture dans les prochains jours d'une information judiciaire par le parquet du Béziers du chef de meurtre par ex concubin, crime faisant encourir la réclusion criminelle à perpétuité."

Le parquet de Béziers a pris des mesures de prise en charge des enfants du couple, à la sortie de leurs établissements scolaires et de mise en sûreté en les confiant au conseil départemental de l'Hérault et à l'association d'aides aux victimes FRANCE VICTIME 34 avec l'aide d'une psychologue. 

 

Le profil de l'auteur présumé

 

Le mis en cause avait de nombreux et lourds antécédents judiciaires, dont deux condamnations en 2008 pour des viols à 8 ans d'emprisonnement et 12 ans de réclusion criminelle après des périodes de détention provisoire. Après avoir purgé ces deux peines, en partie confondue entre elles, il était sorti de détention en juillet 2018. Le 25 septembre 2020, il avait été de nouveau condamné en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Béziers pour des délits routiers et des menaces de mort sur son ex compagne, à 3 ans d'emprisonnement dont 18 mois avec sursis probatoire assorti notamment de l'interdiction d'entrer en contact avec la victime. Après avoir purgé la partie ferme de sa condamnation, il était de nouveau libéré le 1er septembre 2021 et suivi dans le cadre de son sursis probatoire. A la suite d'un signalement le 3 novembre 2021 des agents du service d'insertion et de probation (SPIP) de l'Hérault indiquant qu’il était retourné vivre au domicile de la victime et qu'il aurait proféré de nouvelles menaces à son encontre, le parquet de Béziers ordonnait le jour même son placement en garde à vue au commissariat de Béziers puis  présenté au juge de l'application des peines qui révoquait à hauteur de 6 mois son sursis probatoire en ordonnant de nouveau son incarcération immédiate. Libéré le 21 mars 2022, il était de nouveau suivi par le juge de l'application des peines et le SPIP qui lui rappelaient le maintien de son interdiction d'entrer en relation avec la victime.