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Toulouse : première manche remportée par la Tour Occitanie contre les associations contestataires

Le rapporteur public du Tribunal administratif estime infondée la contestation du permis de construire. 

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20 mai 2022 à 12h14 par Brice Vidal

 

Le projet de Tour Occitanie a été passé au crible par la justice à Toulouse, ce vendredi. Le rapporteur public du tribunal administratif s’est prononcé en faveur du rejet du recours. Des requêtes déposées notamment par des associations, France nature environnement (FNE) ou Droit au logement (DAL) ou "NON au Gratte-Ciel de Toulouse". Elles attaquent le permis de construire du bâtiment de 150 mètres prévu près de la gare Matabiau. Dans l’immense majorité des cas, le rapporteur public est suivi par les juges administratifs.

 

L’audience a duré une bonne partie de la matinée. Le rapporteur public a d’abord indiqué que les associations "étaient dépourvues d’intérêt à agir" contrairement aux deux riverains requérants. Il s’est attaché ensuite à démonter un à un les arguments des requérants, pointant leur "entêtement" alors que "les ressources et matériels utilisés" pour construire la Tour "correspondent aux prescriptions du code de l’environnement" ; justifications insuffisantes aussi sur le prétendu "flux supplémentaire de voitures" engendré par la Tour Occitanie et sa supposée "incidence sur le climat". "Bizarrement les requérants font valoir que les plantations destinées à éviter le phénomène d’îlot de chaleur" "n’offrent pas de résistance suffisante au vent" taclait le RP. Il balayait aussi le risque de catastrophe majeure relevé, en cas de rupture de barrages en amont de Toulouse. Et sur "ses dimensions qui détonneraient" et porteraient atteinte à la gare Matabiau et au Canal du midi, le rapporteur public ne partageant pas cette analyse, précisait  "qu’il n’y a aucune homogénéité architecturale dans le secteur."

 

Les réactions

Me Arnaud Izembard représentant la Ville de Toulouse allait dans le même sens, "on fait de la densification pour éviter de consommer des espaces agricoles et pour France Nature Environnement ça ne va toujours pas". Eric Paillot, vice-président de la Compagnie de Phalsbourg le promoteur de la Tour Occitanie réagissait "je suis admiratif du travail qui a été fait par les juges [...] s'il y avait appel on serait contraint d'attendre [...] c'est un projet auquel on croit beaucoup et qu'on a constitué avec des équipes de grande qualité, nous attaquer en imaginant qu'on prône la médiocrité me surprend, on ne va pas chercher des architectes internationaux pour livrer un produit médiocre".  

 

Me Alice Terrasse, avocat des requérants, "il y a de la déception dans la mesure où nos arguments n'ont pas été entendu" alors que "nous avons fait la parfaite démonstration que cette Tour Occitanie n'est pas prête, on ne connait pas ses impacts réels sur l'environnement" ; "il y a matière à se poser la question et le tribunal administratif et je lui fais confiance, devra nécessairement annuler ce permis". Richard Mébaoudj de "NON au Gratte-Ciel de Toulouse" trouvait "scandaleux que le rapporteur public récuse l'intérêt à agir des associations pro-environnement", "nous sommes déçus du RP mais faisons confiance à la décision du tribunal et on se réserve le droit d'aller au Conseil d'Etat si nous sommes déboutés". La décision du tribunal interviendra dans les prochains jours.