Le directeur d'une école musulmane hors-contrat d'un quartier populaire toulousain a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour s'expliquer sur le contenu de son enseignement, jugé non conforme par l'Inspection académique, ainsi que pour violences sur mineur, a indiqué mardi le procureur. Abdelfattah Rahhaoui, directeur de l'école Al-Badr qu'il a créé en 2013 dans le quartier Bellefontaine, est convoqué le 17 novembre devant la justice. Sans être mis en examen, cet imam et conférencier devra s'expliquer pour "violences volontaires sur mineur", "ouverture d'un établissement scolaire sans autorisation" et "poursuite d'une activité scolaire malgré une mise en demeure de l'Education nationale". En juillet, l'Inspection académique a "notifié aux familles que l'établissement ne délivrait pas un enseignement conforme aux exigences", avait précisé début septembre Jacques Caillaut, l'inspecteur d'académie de Haute-Garonne. Les parents avaient été "enjoints d'inscrire" leurs enfants dans un autre établissement "dans les plus brefs délais".

 

M. Rahhaoui, auditionné la semaine dernière par la police judiciaire, invoque son statut de "musulman qui milite dans la sphère publique: je critique l'administration, je dérange". "Les musulmans en France sont écrasés comme des cafards. Ce que je suis en train de faire, c'est de leur apporter une éducation solide", a plaidé l'imam qui souhaitait ouvrir également un collège. S'agissant du chef de "violences volontaires sur mineur" pour lequel le directeur est également poursuivi, il a expliqué qu'une enseignante licenciée et deux familles d'élèves exclus de l'école prétendaient qu'il avait "tapé une fille", des accusations qu'il juge sans fondement. Il encourt une peine de prison avec sursis et la fermeture de l'établissement, que seule la justice peut prononcer. 

 

Source : AFP.