Mohamed Tataïat comparaissait pour un prêche considéré antisémite, prononcé le 15 décembre 2017

 

Mohamed Tataïat, comparaissait ce mardi 29 juin 2021 devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour un prêche prononcé le 15 décembre 2017. L’imam de la mosquée d’Empalot à Toulouse était poursuivi pour incitation à la haine et à la violence en raison de l’origine, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en 2018. Mohamed Tataïat a bénéficié d’un non-lieu partiel concernant les poursuites liées à la diffusion du prêche sur les réseaux sociaux. 

 Il était reproché à l’imam de la nouvelle Grande Mosquée de Toulouse d’avoir récité devant plus de 3000 personnes la prophétie de « la Pierre et de l’Arbre », un hadith antisémite appelant à tuer les juifs. « Il y a un juif derrière moi, viens et tue-le » un hadith vieux de 14e siècle « désuet » dira un témoin. Alors pourquoi un prêche si daté en décembre 2017, date qui coïncide avec « l’époque de l’annonce du transfert controversé de l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem » pointera la partie civile. Le hadith est « connu » et un imam « doit l’expliquer » ; « il ne peut pas se dérober » expliquera pour défendre Mohamed Tataïat, un responsable du conseil français du culte musulman. « Est-ce qu’un rabbin qui explique des textes violents est condamnable ? Il existe des textes bibliques violents ».  

Des propos particulièrement choquants à Toulouse où des enfants ont été assassinés parce que juifs

La partie civile dénoncera « le manque de précaution prise » alors que l’imam « parle aussi à des fidèles peu instruits ». Me Simon Cohen rappellera « cette petite fille assassinée » à Toulouse, « dans la cour d’une école », « parce qu’elle était juive ». « Comment ensuite, un homme de prêche et d’esprit peut-il dire cela ? »  Il faut prendre garde « aux paroles révélées que l’on restitue » à Toulouse dira Me Simon Cohen, où trois ans plus tôt trois enfants et un enseignant juifs étaient tués en raison de leur religion. Un délégué général du CFCM rappellera « Tataïat n’a jamais été un salafiste », un fidèle de la mosquée d’Empalot, maître de conférence à l’Université Toulouse Capitole, décrira un homme « très modéré, éloigné de tout antisémitisme ». L’extrait aurait été « très mal interprété », d’autant qu’il n’a expliqué le texte qu’à posteriori. Pourtant l’imam cite aussi dans ses prêches Cheikh Yassine, fondateur du Hamas. Inquiétant. Un traducteur s’occupe d’expliquer les débats au prévenu qui ne parle pas français. Il conclue « dans aucun de mes prêches je n’ai appelé à quoi que ce soit contre les juifs ou les chrétiens. J’ai confiance en la justice française ».

 

6 mois de prison avec sursis requis

Pour Alix Cabot-Chaumeton procureur de la République adjointe « il n’y a pas d’autre débat que le débat juridique », « viens et tue-le » c’est « de l’injonction » et « il n’a donné aucune explication » pointait la parquetière estimant qu’il y avait « matérialité des faits ». Mr Tataïat a opéré « tout au long de ce prêche un glissement sémantique » entre antisionisme et antisémitisme qui constitue « des amalgames à l’égard d’une communauté ». Cette audience « a été décevante » ajoutait-elle, il n’a « pas fait part de regrets » dans cette ville où « des personnes ont été assassinées parce que juives ». Elle demandait 6 mois de prison avec sursis, mais aussi l’affichage du jugement aux portes de la mosquée de Toulouse et des extraits diffusés dans la presse régionale et nationale. La décision a été mise en délibéré au 14 septembre.

 

 


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