La saisie record de cocaïne a eu lieu à Deyme (31), 654 kilos découverts dans un camion sur l'autoroute A 61, le 1er octobre à 18h20. La brigade de surveillance intérieure des douanes de Frouzins a procédé au contrôle d'un camion immatriculé aux Pays-Bas, dont la remorque contenait 1,8 tonnes de poisson, et de deux individus, le chauffeur et son passager, tous deux de nationalité finlandaise. Selon nos informations, l'un des mis en cause, le chauffeur, est finno-suédois. D'où le recours lors de la garde à vue à un traducteur de suédois. 

 

Un chauffeur sous le choc, son acolyte mutique

A l'issue des opérations de contrôle, 654 kg de cocaïne ont été découverts dans la remorque, dissimulés au milieu du chargement de poisson. Comme nous vous l'indiquions en début de semaine : la valeur du produit avoisine les 20 millions d'euros. Il s'agirait de cocaïne issue de Colombie, un produit d'une extrême pureté et donc d'une extrême toxicité, susceptible d'être coupée à plusieurs reprises avant la revente au détail. Les deux individus ont été placés en rétention douanière, la garde à vue peut durer jusqu'à 4 jours dans ce type de cas. L'enquête a établi que le camion intercepté devait assurer une liaison entre deux sociétés de commerce de poisson entre le Portugal et les Pays-Bas. Selon nos informations, le chauffeur, un sexagénaire, est "très choqué". Ce que confirme le parquet ce vendredi précisant que  "les deux occupants du camion n'ont fourni que peu d'indications à ce stade de l'enquête, le chauffeur indiquant avoir été recruté par le passager pour effectuer ce transport sans connaître le contenu de la remorque, le second refusant de s'expliquer sur les faits." C'est bien le profil du deuxième individu qui paraît le plus troublant. Le moins que l'on puisse dire est qu'il n'a pas été coopératif lors de la garde à vue. Alors que, comme l'indique le parquet de Bordeaux "en raison de l'importance des quantités saisies et du caractère manifestement international de l'organisation, le parquet de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Bordeaux s'est saisi des faits et a confié la conduite de l'enquête judiciaire de flagrance à la direction interrégionale de police judiciaire (DIPJ) de Bordeaux et à l'office central de répression du trafic international de stupéfiants (OCRTIS) le 2 octobre." Cela aboutira-t-il à une commission rogatoire internationale ? Selon la JIRS "les premiers éléments de l'enquête ont confirmé la nécessité urgente de poursuivre les investigations à l'échelle européenne afin d'établir les responsabilités et les rôles des protagonistes de cette affaire."  

 

Une information judiciaire ouverte 


Le parquet de la JIRS de Bordeaux a ouvert ce jour (5 octobre 2018) une information judiciaire des chefs d'importation non autorisée de stupéfiants en bande organisée, importation en contrebande de marchandise prohibée en bande organisée, transport, détention de produits stupéfiants et associations de malfaiteurs. Les deux individus sont présentés ce jour à un magistrat instructeur et le parquet de la JIRS de Bordeaux a requis leur placement en détention provisoire. A l'heure où nous écrivons ces lignes le Juge des libertés et de la détention a été saisi.