Mort d'un jeune sans-abri à Perpignan : la solidarité s'organise malgré une hausse de la violence dans la rue

Stanislas, 20 ans, est décédé dans la rue le jeudi 6 octobre dernier. La marche organisée ce mercredi en son honneur a été annulée "pour ne pas prendre de risque".

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Mort d'un jeune sans-abri à Perpignan : la solidarité s'organise malgré une hausse de la violence dans la rue
Pyrénées-Orientales
modifié le 20/10/2021 à 18:33


"Que Stanislas soit enterré dignement", Fatouma Miloud-Hocine n'a qu'une obsession. La vice-présidente de l'association Au Cœur de l'Humanité 66 veut que le sans-abri de 20 ans puisse être enterré dans des conditions décentes, chez lui à Valence. "Au niveau des aides, si c'est l’État dans qui prend en charge, il va être enterré dans la fosse commune. Nous, on veut qu'il ait une tombe tout seul, sa photo tout seul. C'est le souhait de ses parents."

Pour cela une cagnotte Leetchi a été lancée, pour permettre de financer les pompes funèbres et les obsèques du défunt. "On est tombé sur des pompes funèbres qui font tout pour que la famille passe au mieux ce moment difficile", reconnaît la vice-présidente de l'association. 67 personnes ont d’ores et déjà fait un don sur cette cagnotte, pour plus de 1250 euros récoltés. Un pas en avant pour les obsèques du jeune sans-abri. L’association ne s’est cependant pas arrêtée là pour l’honorer.

Une marche blanche annulée

Pour rendre un dernier hommage à Stanislas, qui côtoyait les rues perpignanaises depuis un moment, Au Cœur de l'Humanité 66 a voulu organiser une marche blanche. Un événement qui a dû être annulé, pour ne pas raviver les tensions entre sans-abris, au plus grand regret de Fatouma Miloud-Hocine, préférant "reculer et rester sur un sentiment d'échec". Elle n’a "pas voulu prendre de risque" en organisant cette marche blanche. Pourquoi ? Car les incivilités augmentent entre sans-abris.

"Il y a beaucoup de problèmes en ce moment avec les personnes sans-abri, il y a beaucoup de violence, d’agressions, de coups de couteau. Il y a encore eu une agression hier soir", déplore la vice-présidente de l’association qui parle de "groupes de sans-abris qui ne s’entendent pas".
 

Fatouma Miloud-Hocine, vice-présidente de l'association Au Cœur de l'Humanité 66


La situation dans la rue se dégrade depuis le Covid

Fatouma Miloud-Hocine multiplie les maraudes depuis plusieurs années auprès des sans-abris. Elle se trouve désormais démunie face à une situation qui lui échappe. "Quand on arrive au point où on n'est plus en mesure de donner un litre de lait à une maman avec ses enfants, on se dit parfois que c'est mieux d'arrêter", regrette-t-elle.

Elle observe un certain changement sur les profils des personnes qui vivent dans la rue à Perpignan. "Depuis le confinement et les périodes d’expulsions ces dernières mois, on a de nouvelles personnes qui se retrouvent à la rue. Elles n’ont pas de problèmes d’addictions, et ne connaissent pas la rue. Quand on ne connait pas, on se fait vite avoir." Se faire avoir, cela veut dire être parfois pris à parti, agressé, ou même pire. Pour aider toutes ces personnes, Fatouma enchaîne les demandes sur la page Facebook d’Au Cœur de l’Humanité 66, comptant sur la générosité des habitants du département.
 

Fatouma Miloud-Hocine



Robin Lopez.


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