Mort au feu rouge: 12 ans de prison pour une querelle "débile" entre automobilistes à Pau

Mort au feu rouge: 12 ans de prison pour une querelle "débile" entre automobilistes à Pau
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Mort au feu rouge: 12 ans de prison pour une querelle
Pyrénées-Atlantiques
modifié le 12/03/2021 à 07:22

Frédéric de Chérancé, entrepreneur menuisier palois de 62 ans, était jugé depuis lundi pour homicide volontaire.

 

Un sexagénaire a été condamné jeudi à Pau à 12 ans de réclusion pour avoir tué, à un feu rouge, un automobiliste de 29 ans, une banale histoire d'insultes entre voitures, un "concours de virilité débile". A la cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques, 18 ans avaient été requis contre Frédéric de Chérancé, entrepreneur menuisier palois de 62 ans, jugé depuis lundi pour homicide volontaire. Les jurés, après quatre heures de délibération, ont requalifié les faits en violences volontaires avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Tard le soir du 25 août 2016, l'accusé circule sur une avenue de Pau. Devant lui, une voiture semble tarder au feu vert, il klaxonne. "Le conducteur l'a sûrement très mal pris. Il y a eu des insultes", dira-t-il à la barre. Au feu suivant, les deux voitures sont côte à côte. Nouvelles insultes. Puis l'autre conducteur sort de sa voiture, frappe sur la carrosserie de l'accusé, s'approche.

Là, l'accusé dit avoir saisi un couteau de chasse dans une boîte à outils et être sorti de sa voiture, couteau en main. Son vis-à-vis a-t-il "esquissé un geste pour (le) frapper" ? Lui en tout cas a "eu peur pour (sa) vie", mais "jamais l'intention de tuer". Baptiste Sallefranque, jeune père de famille landais, s'écroulera, une plaie de 15 cm de profondeur au coeur, sous les yeux de sa compagne et de son jeune enfant.

 L'accusé, se disant "hébété" après le drame, prendra néanmoins la fuite, tentant une improbable cavale en Espagne pendant une semaine, avant de se rendre à la police française à la frontière.  Au procès, un enquêteur a égrené le passé judiciaire de la victime, qui avait connu plusieurs condamnations entre 2006 et 2014, fait de la prison: vols, escroqueries, violences, dont des procédures liées à des querelles avec des automobilistes. "Il avait un casier. Mais quoi qu'il ait fait, il n'avait pas à mourir", s'est indignée sa soeur.

L'avocate générale Orlane Yaoaunq a déploré "une mort pour rien, pour une dispute entre automobilistes", avec à l'origine une "guéguerre d'égos" "un concours de virilité débile". "Ni un accident ni un fait divers", ce geste de planter un couteau de 18 cm en plein coeur, "n'est pas un geste de dissuasion, c'est un meurtre", a-t-elle asséné, rejetant la légitime défense.  "Pouvoir tuer n'est pas vouloir tuer", a plaidé pour la défense, Me Alexandrine Barnaba, replaçant "la peur au centre de ce dossier", et écartant chez son client toute intention de tuer, mais "un geste de défense. Quelque chose s'est passé qu'il n'a pas voulu", a-t-elle plaidé. L'accusé, qui comparaissait libre sous contrôle judiciaire après cinq mois de détention provisoire et un an d'assignation à résidence sous bracelet, a été écroué à l'issue du procès.

 

AFP. 


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