Le maire de Perpignan a pris un arrêté généralisant la fermeture des épiceries de nuit à 22 heures, et a annoncé la mise en place d’une police municipale 24h/24 et 7j/7.


Les différents incidents graves survenus ces derniers jours apparaissent comme les incidents de trop pour le maire de Perpignan qui n’a pas attendu son prochain conseil municipal pour annoncer ses grandes mesures sécuritaires, scandées pendant la campagne des municipales. Après l’homme retrouvé mort la semaine dernière au Champs de Mars, et les coups de feux tirés ce lundi quartier des Remparts, l’insécurité ne cesse de grandir selon l’élu.  "Perpignan ce n’est pas Marseille, mais il ne faudrait pas que ça le devienne. On voit bien que la présence d’armes lourdes dans ce genre d’incident grave démontre qu’il y a chez nous aujourd’hui l’installation de réseaux mafieux qui n’hésitent devant rien", explique le maire. 
 

Louis Aliot, maire de Perpignan


La fermeture généralisée des épiceries de nuit à 22 heures

Parmi les mesures présentées aux journalistes en conférence de presse ce mardi, l’une d’entre-elles est immédiate. Il s’agit de la fermeture des épiceries de nuit à 22 heures. Un arrêté avait déjà été pris en ce sens pour les zones de sécurité prioritaires de la ville, mais que la municipalité étend désormais à toute la ville. Ces petits commerces de proximités sont à l’origine "de beaucoup d’incivilités dans les quartiers et de plaintes des concitoyens", selon Louis Aliot, qui entend par là des problèmes de tapages nocturnes, de trafic de cigarettes ou de drogues. "Donc on prend cet arrêté et on verra bien si la situation s’améliore ou pas. Mais je crois que c’est effectivement l’une des conditions qui permet d’arrêter un certain nombre de trafics dans nos quartiers", ajoute-t-il.
 

Louis Aliot


Une police 24h/24, 7j/7

Deuxième importante annonce du maire du Rassemblement National : la mise en place d’une police municipale 24h/24 et 7j/7. Cette dernière fonctionnant jusqu’à 2 heures du matin actuellement. "On va remettre de la police dans les quartiers, de la police de proximité. On va remettre des postes de police dans les quartiers, et on va mailler le territoire, avec l’aide de nos concitoyens. Je pense aux voisins vigilants et à des structures comme celles-là, qui ont fait preuve de leur efficacité, et qui sont un peu tombées depuis quelques années en dehors de l’influence municipale."
 

Louis Aliot


Et la mairie souhaite également mettre en place l’équipement d’un interrupteur d’appel d’urgence pour les commerces dans le besoin, développer le système des caméras de vidéo-surveillance, et créer deux nouveaux postes de police très prochainement. Des mesures qui prendront effet, selon le maire, après la nomination du nouveau directeur de la police municipale début octobre. 

Le maire demande une stratégie sécuritaire de l’État


Si la municipalité "a pris ses responsabilités", l’État doit maintenant jouer son rôle selon le maire de Perpignan. Les 28 nouveaux policiers nationaux qui ont pris place au sein du commissariat de Perpignan et la création prochaine d’une antenne de la brigade de recherche et d’intervention de Montpellier, ne suffisent pas pour Louis Aliot. "Je demande des opérationnels. 28 fonctionnaires de police c’est bien, mais je pense que ce n’est pas assez. On nous annonce une BRI, parfait, mais maintenant il faut aussi qu’il y une stratégie avec tout cela. Il faut aussi prendre le taureau par les cornes et se donner les moyens juridiques, humains et matériels pour mettre hors d’état de nuire ces réseaux-là." Il s’agirait là selon lui de créer une stratégie de renseignements criminels.

De son côté, le préfet des Pyrénées-Orientales Etienne Stoskopf, que nous avons contacté, a réagi aux propos du maire perpignanais. "Je voulais simplement rappeler que la police nationale ne restait pas les bras croisés à Perpignan, bien au contraire. Un seul exemple, depuis le 1er septembre, il y a eu 8 opérations antistupéfiants dans les quartiers de Perpignan, ce qui fait une opération tous les deux jours", répond-t-il. Et le représentant de l’État ajoute que six fermetures administratives ont été décidé concernant les commerces de nuit depuis le début de l’année. 
 

Etienne Stoskopf, préfet des Pyrénées-Orientales


Selon lui, les mesures de Louis Aliot vont dans "le bon sens", et est ouvert pour "à toute discussion ou proposition" concernant la coordination opérationnelle des polices nationales et municipales. Le maire de Perpignan demande quant à lui au ministre de l'Intérieur de se déplacer à Perpignan, et aimerait y voir s'y tenir des "assises de la sécurité" notamment.