Une quarantaine de patients, souffrants des effets secondaires de la nouvelle formule du Levothyrox, ont demandé lundi au juge des référés de Saint-Gaudens d'ordonner au laboratoire Merck de leur fournir en urgence l'ancienne formule, conformément à un première décision du TGI de Toulouse. La décision a été mise en délibéré au 26 décembre. L'avocat des plaignants Me Jacques Lévy a de nouveau évoqué, lors de l'audience, un "scandale sanitaire", soulignant que ses clients "souffraient le martyr et ne savaient pas pourquoi". Il a assuré que la France était le seul pays européen ayant "fait modifier ce médicament". 

De son côté, l'avocat du laboratoire Merck, Me Antoine Robert, a assuré que "200.000 boîtes (du Lévothyrox ancienne formule) seront disponibles sur le marché à partir du 15 décembre". Merck France avait annoncé mi-novembre l'importation d'ici la fin de l'année de ces 200.000 boîtes supplémentaires.  Me Robert a demandé le rejet de la demande des plaignants, soulignant qu'"aujourd'hui, l'agence du médicament a indiqué qu'il existait cinq alternatives thérapeutiques, y compris un générique".

Le 14 novembre, le juge des référés de Toulouse avait condamné le laboratoire à fournir "par le biais des circuits de distribution et de commercialisation, sans délai" le produit ancienne formule aujourd'hui dénommé Euthyrox à 25 patients de la Haute-Garonne qui avaient adressé une requête devant cette juridiction. L'avocat des plaignants a ajouté à sa nouvelle requête, examinée lundi, "le préjudice d'anxiété des patients qui se sont retrouvés malades en ignorant les causes de leurs symptômes".  Au total, trois millions de patients prennent du Levothyrox en France (premier marché mondial) pour soigner l'hypothyroïdie ou après une ablation de la thyroïde. L'Agence du médicament (ANSM) a recensé, entre mars et septembre, près de
15.000 signalements pour effets indésirables. Sylvie Chéreau, fondatrice du collectif des victimes du nouveau Lévothyrox en Haute-Garonne, était en colère hier.

Source : LA, AFP.