C'est une décision de justice qu'ils ne digèrent pas. Des dizaines de policiers se sont rassemblés, ce mardi, devant les palais de justice de la région.

 

Devant le tribunal judiciaire de Toulouse mardi à la mi-journée, ils étaient une quarantaine de fonctionnaires mobilisés - certains venus d'Ariège - à l'appel du syndicat Alliance Police Occitanie, UNSA ou encore Synergie Officiers. Un rassemblement faisant suite au verdict de la Cour d’Assises des mineurs qui, en appel, a minoré la décision de première instance dans l’affaire de Viry-Châtillon : en 2016 des jeunes avaient lancé dans cocktails molotov dans un véhicule de police, brûlant gravement deux agents. Ils étaient notamment poursuivis pour tentatives de meurtres sur personnes dépositaires de l'autorité publique.

 

Pour Lionel Ricaud, secrétaire départemental d'Alliance Police 31 "on a un sentiment de solitude, nos collègues sont passés proches de la mort", lors de cette attaque "ces jeunes ont cassé les vitres, maintenu les portes fermées et ont lancé des cocktails molotov" il déplore qu'en appel il n'y ait eu "que cinq condamnations et huit acquittements" pour le syndicaliste "c'est trop faible pour nous". Il rappelle que les policiers des services d'investigation sont "constamment en lien avec les magistrats du parquet" "mais là" dit-il "on se sent abandonnés".

 

Défiant à l'égard des magistrats les policiers ? Pas forcément mais ils exigent une justice qui prenne en compte les profils de ces jeunes délinquants « jusqu’au boutiste ». Pour Thierry, policier de terrain dans un quartier sensible, "je ne dirai pas que la justice fait mal son boulot, mais elle n'est plus adaptée à la nouvelle délinquance. Il faut comprendre que ces mineurs de 13 ou 14 ans savent très bien ce qu'ils font. Comme à Viry-Châtillon. Il faut des peines adaptées à ça " explique le fonctionnaire qui a connu des interventions très tendues "on reçoit des jets de mortiers, des jets de cocktails, moi-même j'ai été percuté par un deux-roues. Ca aurait pu très mal finir..." Audrey Colin du syndicat Synergie Officiers ne décolérait pas mardi "cette décision est incompréhensible, les fonctionnaires auront des stigmates à vie et la peine en appel est plus faible. Il faut cesser l'angélisme ! " 

 

Lionel Ricaud, secrétaire départemental d'Alliance Police 31.
Thierry, policier de terrain.