« Le Journal d’Ici » affirme que des consignes de mansuétude ont été données aux forces de l'ordre.

 

La polémique enflait dans le Tarn après la publication de l'hebdomadaire « Le Journal d’Ici », lequel affirmait que consigne "adressée aux commissariats et aux gendarmeries" avait été donnée par les services de l'Etat de "ne pas verbaliser les musulmans circulant pendant le couvre-feu". Des mails que « Le Journal d’Ici » affirme avoir consulté, précisant que "les pratiquants sont autorisés par la préfecture à dispenser l'aumône (se traduisant par la livraison de nourriture à des amis, familles...) [...] le créneau nocturne correspond à la rupture du jeûne et il est potentiellement susceptible de générer des rassemblements sur la voie publique ou aux abord des mosquées."

Bernard CARAYON, le Maire (LR) de Lavaur réagissait ce vendredi dans un communiqué cinglant, " Si vous êtes musulmans, dans le Tarn, vous pouvez, grâce à une tolérance préfectorale, sortir jusqu’à 22 heures. Pour faire l’aumône, parait-il... [...] dans cette « tolérance préfectorale », il y a tout : la discrimination au profit d’une religion, la vérification au faciès, la soumission de l’État à une pratique religieuse."

 

La préfecture dément, le journal maintient

La préfecture publiait un "démenti formel" ce vendredi 16 avril 2021 dans la matinée, "Le Journal d’Ici a publié hier l’information selon laquelle la préfète du Tarn aurait invité les forces de l’ordre à ne pas verbaliser les musulmans circulant pendant le couvre-feu dans le créneau 19h-22h et à partir de 5h, pendant la durée du Ramadan fixée cette année du 13 avril au 12 mai. La préfète rappelle que "le couvre feu s’applique à tous sans aucune distinction. Constatant la mauvaise compréhension des consignes données aux forces de l'ordre, la préfète leur rappelle ce jour clairement que toute personne contrevenant aux règles du couvre feu de 19h doit faire l’objet de verbalisation".

Le journal maintenait sa version ce vendredi, évoquant une "volte-face" dans un article intitulé "Ramadan: la préfète du Tarn fait marche arrière". En fin de journée, Bernard Carayon voyait dans la réaction préfectorale la conséquence d'un "sérieux rappel à l’ordre par le Ministère de l’Intérieur."