Altice, propriétaire de BFM TV, était aussi sur les rangs.

 

Le groupe La Dépêche du Midi a été désigné lundi par le tribunal de commerce de Nîmes pour reprendre le réseau de télévisions locales Vià Occitanie, a indiqué la direction du groupe basé à Toulouse. Le groupe Altice, notamment propriétaire de BFM TV, avait également fait une offre. Directeur général du groupe La Dépêche, Jean-Nicolas Baylet, qui était chargé de cette opération, s'est réjoui de cette décision "conforme au droit".

 

"C'est ensuite une décision logique, car elle avait la préférence du personnel de Via Occitanie, et parce que depuis plusieurs années, nos deux groupes ont l'habitude de travailler ensemble. Nous sommes des médias régionaux, nous savons l'attachement de nos publics à l'information de proximité qui constitue notre ADN", a-t-il ajouté à La Dépêche. Dans un article consacré au dossier, le quotidien La Dépêche du Midi indique que "Altice était en discussion avec Via Group depuis deux ans environ, jusqu'à ce que la maison mère de BFM se désengage brutalement, laissant le champ libre au groupe La Dépêche qui s'était également positionnée".

 

"Or fin mars, quelques heures avant l'ouverture de l'audience au tribunal de commerce de Nîmes prévue le mardi 30 mars, Altice est revenu dans le jeu, conduisant La Dépêche du Midi à réajuster son offre de reprise", selon le journal. "C'est encore dans la nuit de dimanche à lundi 12 avril qu'Altice a tenté le tout pour le tout en surenchérissant à nouveau, au mépris des délais légaux qui encadrent ce type de dossier", assure le quotidien.

 

Le groupe La Dépêche du Midi reprend les fréquences de Toulouse, Montpellier et Perpignan "pour 1 million d'euros, et s'engage à sauvegarder l'emploi de 45 salariés. Un nouvel appel d'offres doit être lancé par le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel, NDLR) s'agissant de l'avenir de la fréquence de Nîmes", selon le journal. Le groupe Altice a racheté récemment Azur TV, une chaîne de télévision locale privée basée à Nice, dans le cadre de sa stratégie "de développement des chaînes en régions".

 

Selon une source proche du groupe Altice, sa dernière offre était deux fois plus élevée (2 M EUR contre 1 M) que celle de la Dépêche et incluait la reprise de 100% des salariés alors que LaDépêche prévoit de n'en reprendre que 45 sur 60. Le groupe La Dépêche du Midi est très présent en Occitanie avec six quotidiens (La Dépêche du Midi, Midi Libre, Le Petit Bleu, La Nouvelle République des Pyrénées, l'Indépendant et Centre Presse), deux titres de presse quotidienne gratuite, trois hebdomadaires locaux et le journal du rugby Midi Olympique.

 

Avec AFP. 

 

Entretien avec Jean-Nicolas Baylet, Directeur général du groupe La Dépêche.

 

La Dépêche était-elle plus légitime pour reprendre Vià Occitanie ?

On est dans la logique territoriale et dans l'ADN de la région. On a fêté nos 150 ans l'an dernier et nous avons cet amour de l'Occitanie en commun. Rapidement, nous avons eu le soutien des salariés de Vià. C'est un plaisir pour eux comme pour nous de pouvoir travailler dans la continuité, dans une activité qui devient de plus en plus multimédia. 

Il était incontournable pour le groupe La Dépêche d'avoir sa télévision ?

C'est dans le sens de l'histoire, les médias sont dans une période de crise et se rapprochent. La Dépêche a œuvré vers le multimédia depuis longtemps, nous produisons des contenus écrits et audiovisuels. C'était la suite logique de mettre un pied dans la télévision locale. Il va y avoir des synergies très claires dans les deux sens. De notre côté, des vidéos pour les chaînes de télé et de l'autre côté, récupérer les vidéos de Vià sur nos sites internet et leur donner une exposition colossale. Car nous avons les premiers sites d'information de la région. 

Quid du nom ? 

C'est quelque chose qui n'est pas tranché et nous allons affiner le projet. La question du nom est sur la table. La marque Vià est une belle marque, après il faut que nous la mettions en cohérence avec le projet que nous allons porter. Est-ce que ce sera avec la marque de nos médias - La Dépêche, Midi Libre et l'Indépendant - ? Pourquoi pas... Cela fait partie des questions auxquelles nous allons répondre dans les prochaines semaines. 

Ambitionnez-vous devenir à terme un concurrent de France 3 Occitanie ? 

Nous avons 1400 collaborateurs, 500 journalistes et 4000 correspondants qui couvrent la région Occitanie. Et une capacité de remontée d'informations des endroits les plus reculés de notre région, donc nous aurons une télévision locale des territoires. Avec à la fois une sphère régionale, une sphère locale et hyper locale. C'est la force de frappe de la presse quotidienne régionale partout en France. Ce maillage est colossal. Nous aurons, du coup, une exhaustivité des contenus d'information qui sera très fine.    

 

Propos recueillis par BV.