Le syndicat Alliance Police Nationale s'inquiète de dérives communautaires, à l'instar de Dijon.

 

La paisible cité bigourdane connaît depuis quelques semaines une dérive inquiétante : une recrudescence de bagarres avec multiplicité d'auteurs, ultra-violentes et parfois avec armes (couteaux, marteaux, barre de fer...). Le syndicat Alliance Police nationale tire la sonnette d'alarme.

 

Des violences communautaires

Car depuis la fin du confinement les faits se succèdent, une douzaine de rixes se sont produites en six semaines "essentiellement sur le centre ville de Tarbes et sur le quartier de l'Arsenal" explique Pierre Pailhon secrétaire départemental Alliance Police Nationale pour les Hautes-Pyrénées ; "on a vu une bagarre à coups de machette près du KFC ou encore une rixe nocturne entre 30 individus quartier de l'Arsenal. Samedi, un groupe a dévasté la terrasse d'un café place de Verdun, ils ont fait usage de racloir de chantier..."

Le fonctionnaire s'inquiète car le phénomène prend une tournure communautaire "avec par exemple des individus issus de la communauté afghane" : ces individus n'hésitent plus à régler leurs comptes à plusieurs, sur la voie publique. Un "ensauvagement de la société" s'alarme le responsable syndical pour qui "on retrouve les mêmes ingrédients qu'à Dijon". "Attention que la mayonnaise tarbaise ne se transforme pas en moutarde" [Dijon où des affrontements ultra-violents ont eu lieu entre bandes armées d'origine maghrébine d'un côté, tchétchène de l'autre].

Des groupes se réunissent et vont jusqu'à s'approprier la voie publique ; "dimanche dernier les collègues sont intervenus place Verdun : un petit groupe avait allumé un feu de camp pour faire des grillades".

 

 

Des policiers trop peu nombreux pour juguler cette violence

De fait, les Tarbais feraient désormais remonter un fort sentiment d'insécurité "le phénomène inquiète aussi les commerçants du centre-ville" explique Pierre Pailhon. Car les policiers tarbais sont actuellement incapables de répondre à ces violences "pour la nuit du 12 juillet on avait six fonctionnaires sur le terrain. Quand on les oppose à une trentaine d'individus armés, vous voyez le danger..." D'autant que, souligne le policier, vu les dernières déclarations de l'ex-ministre de l'Intérieur "on ne sait plus avec quelle technique intervenir. Il y a une double insécurité, physique et juridique."

Une fois menées les interpellations, le commissariat manque également d'officiers de police judiciaire pour traiter le volet pénal. Alliance demande 20 à 30 policiers supplémentaires au sein de la DDSP 65 (Direction départementale de la sécurité publique des Hautes-Pyrénées) et plaide pour la création d'une CDI (Compagnie départementale d'intervention). Si d'aventure la demande de renforts était entendue, des réaménagements seraient nécessaires : au commissariat de Tarbes, les conditions de travail sont "inacceptables", "certains travaillent à quatre par bureau."  Localement Alliance Police Nationale sollicite actuellement des rencontres avec préfet, élus (maire de Tarbes, parlementaires, président du CD 65) pour exposer leurs doléances.

 


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