Le chauffeur n'aurait jamais dû passer sur ce pont suspendu.

 

L'ensemble routier pesait "plus de 50 tonnes" révèlent les premiers éléments d'enquête, alors que le pont de Mirepoix-sur-Tarn s’est effondré ce lundi, provoquant la mort d’une adolescente et du chauffeur du camion.

L’ouvrage entretenu et vérifié en 2017 et 2018, selon les services de l'Etat et le Conseil départemental, était limité à 19 tonnes. Le poids-lourd tractait une foreuse sur une remorque selon les documents saisis par les enquêteurs de la Section de recherches de la gendarmerie de Toulouse. Le camion et son chauffeur - gérant de l'entreprise de forage Puits Julien - n’auraient jamais dû s’engager à cet endroit.

"La foreuse pesait 38 tonnes à elle seule" a souligné le Procureur de la République, Dominique Alzéari, ce mardi. Le chauffeur était suivi ce lundi matin au moment du drame d’un employé dans sa camionnette, "par appel de phare, ce dernier a tenté de le prévenir pour qu’il ne passe pas à cet endroit." Mais il s’est engagé via la D71 sur le pont limité à 19 tonnes, avec les conséquences que l'on sait, "provoquant l’effondrement immédiat et total de l’ouvrage", entraînant une automobiliste et sa fille venues de Mirepoix, et qui s’était engagées en face. Les autopsies ont été réalisées, "les victimes sont mortes noyées" a précisé Dominique Alzéari.

La mère de famille est toujours hospitalisée. Le corps du chauffeur a pu être désincarcéré. Une information judiciaire a été ouverte pour homicides et blessures involontaires et les investigations se poursuivent. Les autres causes éventuelles de l'effondrement du pont "ne sont pas écartées" a précisé le représentant du parquet de Toulouse.

 

Le bilan définitif

Pour rappel, ce lundi 18 novembre 2019, peu après 8h00, un pont suspendu datant de 1931, situé sur la commune de Mirepoix-sur-Tarn en Haute-Garonne, s’est effondré. "Un centre opérationnel départemental a été activé en préfecture ainsi qu’un poste de commandement opérationnel sur place" rappelle la Préfecture de Haute-Garonne.
• 2 personnes sont décédées le 18 novembre : une passagère d’un véhicule léger et le conducteur d’un poids-lourd.
• Hier, 5 personnes se trouvaient en urgence relative (dont 2 témoins qui ont tenté de porter secours aux victimes et 2 proches d’une personne décédée), ainsi que 2 sapeurs-pompiers. Les victimes ont fait l’objet d’une prise en charge médicale et psychologique et 3 d’entre elles ne sont plus hospitalisées.
• Deux véhicules étaient impliqués : 1 véhicule léger et 1 poids-lourd. Plus de 120 personnes ont été mobilisés pour secourir les victimes.

 

Les moyens engagés

Le général de division Jacques Plays est revenu sur les moyens engagés "12 enquêteurs ainsi que des spécialistes TIC" (techniciens en investigations criminelles), des gendarmes issus de la Section de recherches de la gendarmerie de Toulouse et de la compagnie de gendarmerie de Toulouse Saint-Michel ont été mobilisés. Mais également 8 plongeurs "enquêteurs subaquatiques" et des techniciens de l'Institut de recherche criminel de la gendarmerie "équipés de scanner 3D pour figer et modéliser la scène" du drame.