Colonel Prod’homme, le 8 est un régiment que vous connaissez parfaitement ?

Pour moi le 8, c’est une histoire de famille. J’ai d’abord été chef de section, entre 2000 et 2003, à la 2ème compagnie, puis j’ai eu la chance de revenir comme commandant d’unité pour la 1ère compagnie. J’ai ensuite été chef du bureau opération instruction, comme lieutenant-colonel. Et puis il y a 20 ans, avec à l’époque le lieutenant Debray, nous partagions déjà une partie de notre histoire au régiment, où nous étions alors « nuls, faméliques et insolents » comme les bons lieutenants le sont.

 

Cela doit être spécial pour vous de retrouver « votre » régiment ?

Les marsouins que j’ai formés il y a 17 ans sont aujourd’hui sous-officiers, chef de groupe ou chef de section de combat…Il y a cette histoire de famille bien présente, qui montre bien que le régiment a un état d’esprit et un esprit de corps puissant et singulier, qui créé des liens difficilement explicables. Des liens qui font en sorte que chacun se donne à fond pour le régiment, avec tout notre enthousiasme et toutes nos tripes.

Je suis aussi heureux de retrouver une ambiance chaleureuse et des relations agréables avec cette ville, qui témoigne régulièrement son attachement à son régiment.

 

Vous arrivez des Etats-Unis où vous avez passé trois ans, quelle était votre mission ?

J’étais en Pennsylvanie, à l’ US Army War collège, à Carlisle. Une grande école de formation des chefs de l’armée américaine. Nous étions plus de 300 stagiaires, dont 76 étrangers.

 

Quels seront vos objectifs à court terme à la tête du régiment ?

Essayer de trouver un équilibre entre deux pôles : la préparation de l’immédiat, d’abord. On se prépare au combat de demain, on s’entraine physiquement, moralement, tactiquement. Il faudra aussi préparer l’avenir, avec le volet formation, entrainement, recrutement, et surtout l’intégration des nouveaux équipements Scorpions qui arriveront dans quelques années. Un savant équilibre est à trouver entre l’immédiat et la préparation de l’avenir, qui est un cycle permanent.

 

Colonel Debray, c’est la fin pour vous d’une aventure marquante. Que retiendrez-vous ?

D’abord, le souvenir douloureux des 4 morts sous mon commandement, dont 3 hommes du 8. (NDLR : un pilote d’hélicoptère lors d’un crash au Mali, et trois hommes morts dans des accidents de la route.) Je pense à ces jeunes, on ne s’habitue jamais à ces moments-là.

Du côté des opérations, je retiens une mission en Côte d’Ivoire, à la frontière malienne, avec un déploiement assez intense au moment des élections présidentielles au Mali pour sécuriser Bamako en cas de troubles. Des troubles qui n’ont pas eu lieu, mais toute la conception de cette opération, et sa conduite, puisque nous sommes restés trois semaines, reste un souvenir extraordinaire d’aventure militaire et humaine.

 

Les Hommes, c’est ce qui vous manquera ?

Oui, c’est le trait majeur. Je retiens la qualité des hommes que j’ai commandé ici, des chefs d’équipes aux chefs de services, des militaires du rang, des sous-officiers, des officiers, qui sont extraordinaires. On a des hommes qui font le boulot, dans une époque où l’autorité ce n’est pourtant plus trop à la mode. Ils l’exercent sans états-d ’âme, avec beaucoup de finesse et d’affection, voire, ce n’est pas un gros mot, d’amour pour leurs subordonnés. C’est ça que je retiens, la richesse des relations humaines au 8, où il y a un esprit qui dépasse tout ce que l’on peut connaitre ailleurs.

 

Ce sera donc un de vos commandements les plus marquants ?

Le plus marquant, sans aucune comparaison possible. Vous savez, le 8 c’est entre 1200 et 1300 hommes, c’est une machine de guerre redoutable, qui s’attache à entretenir au plus haut niveau les savoir-faire qu’elle devra mettre en œuvre le jour où ils seront sollicités au combat. Et parce que ce choix de la vie sous les armes est un choix entier, ce sont des hommes entiers, dans leur dévouement et dans leur comportement. Ces deux ans auront été une aventure humaine extraordinaire.

 

 

L’actualité du 8ème RPIMA :

 

-C’est d’abord la passation de commandement entre les deux colonels le 18 juillet. Ensuite, de nouvelles projections importantes de troupes à l’été 2020.

 

-Actuellement, le 8ème RPIMA est en train de recevoir de nouveaux drones d’observations, qui pèsent à peine 33 grammes.


-D’ici 2021, le régiment sera également équipé des nouveaux véhicules « scorpions », des engins farcis de technologies, qui permettront notamment aux hommes de s’entrainer dans des conditions idéales.

 


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