4 canidés se sont échappés de leur enclos au sein du parc animalier Ecozonia lundi dernier. Deux seraient toujours introuvables.


Depuis lundi matin, louvetiers, agents de l’office national de la biodiversité, et personnels du parc remuent ciel et terre pour retrouver les loups qui se sont enfuis. Pour des raisons encore très floues, 4 des 6 loups qui sont arrivés la veille, ont réussi à passer le grillage de leur enclos, au sein du parc animalier Ecozonia, toujours en construction sur la commune de Cases-de-Pène.

Des animaux abattus "par mesure de sécurité", explique la direction

Si ce lundi les loups semblaient s’être simplement cachés dans l’enceinte même du parc, aujourd’hui les nouvelles sont moins bonnes. Deux des loups recherchés sont toujours recherchés, et deux autres ont été abattus, à l'extérieur et à l'intérieur d'Ecozonia. La direction du parc Ecozonia vient d'ailleurs de communiquer sur son compte Facebook.
 

"Lundi 25/01/2021, aux environs de 8h30 , 4 des 6 loups qui sont arrivés la veille en provenance d’un parc zoologique Estonien, ont quitté leur enclos.

Dès cet instant, notre priorité a été, après avoir prévenu les autorités administratives compétentes, la mise en sécurité du personnel des entreprises extérieures qui travaillait sur le site puis, de mettre tout en œuvre pour capturer les individus échappés.

Un important dispositif a été déployé pour tenter de capturer vivants, au moyen de fusils hypodermiques, les 4 loups se trouvant encore en dehors de leur enclos, mais toujours dans l’enceinte de l’établissement.

Malgré nos efforts et pour des raisons de sécurité, nous avons été dans l’obligation d’abattre deux d’entre eux.

En fin de journée des cages trappes ont été installés dans le parc dans l'espoir de capturer vivants les deux individus restants.

Les deux loups qui ne sont pas sortis de leur enclos ont, quant à eux, été anesthésié et mis en sécurité dans des caisses spécifiques.

Nous tenons à remercier l’ensemble des services de l’état pour leur collaboration tout au long de cette journée et saluons leur professionnalisme.

Merci également pour les nombreux messages de soutien que nous avons reçus.

Nous vous tiendrons informés, le plus régulièrement possible, de l’évolution de la situation.

L'équipe EcoZonia"
 

Un arrêté préfectoral "relatif aux mesures de neutralisation" des bêtes a été pris et une enquête est en cours. Joint par notre rédaction, Cyril Vaccaro, le directeur du parc, s'est exprimé sur l'abattage des canidés.  "On a essayé de flêcher dans un premier temps, à trois reprises, mais l'un des loups a fait demi-tour. On a été obligé de tirer par mesure de sécurité. Ce n'est vraiment pas par plaisir évidemment, il y avait danger", nous explique-t-il. Cyril Vaccarro nous a confié également communiquer plus précisément ce mercredi sur les circonstances des événements.

Des précisions de la préfecture

"Dans le cas d’espèce de loups d'Europe de l’Est protégés, distincts de la sous-espèce italienne/espagnole présente en France. Compte-tenu du risque génétique d'hybridation et pour éviter également des dégâts à la faune sauvage et aux troupeaux (exemples récents survenus dans les Alpes-Maritimes et les Deux-Sèvres), la doctrine de l’OFB prévoit leur neutralisation s’il n’est pas possible de les capturer vivants. La téléanesthésie est toujours privilégiée", précise ce mardi soir la préfecture des Pyrénées-Orientales. 

Pour l'heure, de nombreuses zones d'ombre persistent quant aux raisons de leur fuite. Ils se sont échappés "dans des conditions qui restent à déterminer", ajoute la préfecture. Toute nouvelle introduction d’animaux est suspendue dans l’attente d’une expertise de la sécurité des installations. Toujours est-il qu'aujourd'hui, le sujet alimente les conversations de la commune de la vallée de l’Agly.
 

Habitants de Cases-de-Pène


"Je pense qu’il n’y avait pas de nécessité de les abattre"

Ce mardi, beaucoup d'habitants apprenaient la nouvelle avec stupeur. "Pourquoi abattus ? Moi ça m’attriste d’entendre cela parce que je suis pour la cause animale et j’ai des animaux à la maison. C’est vraiment dommage. J’espérais qu’ils les rattrapent sans qu’il y ait de pertes", nous confie Thierry, qui habite Cases-de-Pène.

"Je pense qu’il n’y avait pas de nécessité de les abattre. Je ne suis pas experte mais je pense qu’on peut tout à fait remplacer les balles. Il y a plein de moyens de ne pas tuer un animal, donc moi ça me laisse un peu perplexe", nous répond une autre habitante.

Et alors que deux loups pourraient encore roder près de chez eux, la plupart d’entre eux n’apparaissent pas réellement inquiets. "Les chasseurs m’inquiètent infiniment plus que les loups. Parce qu’à chaque fois qu’on est en forêt, on est toujours en train de se demander, si on ne va pas se faire tirer dessus, ou un truc comme ça. Alors que si tu croises un loup, tu tapes par terre et il va s’enfuir en courant. Ils sont très peureux."

Crainte ou non, voilà en tout cas une entrée en matière pour le moins compliquée pour le parc Ecozonia. Consacré à la préservation des prédateurs, il devait ouvrir dans les prochains mois.

Habitants de Cases-de-Pène