Les P-O apparaissent aujourd'hui comme le département de France le plus touché par l’explosion des cas covid et de son variant, alors que de très nombreux touristes sont attendus cet été. Explications.


Comme 5 autres départements (dont les Pyrénées Atlantiques, l’Hérault et la Haute-Garonne en Occitanie), les Pyrénées-Orientales ont aujourd’hui dépassé le seuil d’alerte des 50 cas pour 100 000 habitants (taux d’incidence covid). Il s’agit même du département français où le taux d’incidence des cas de Covid-19 est le plus élevé (environ 155 cas pour 100 000 habitants). Des chiffres qui poussent les autorités à émettre aujourd’hui des signaux d’alerte.

Dans les Pyrénées-Orientales, "le taux d'incidence a augmenté de +600% en une semaine. C'est du jamais vu dans un territoire sur une période aussi courte depuis le début de l'épidémie", a commenté ce matin en conférence de presse le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Des facteurs d’inquiétude spécifiques

Comme pour l’Espagne et le Portugal, c’est bien l’explosion des cas du variant indien Delta, plus contagieux et plus dangereux, qui amène aujourd’hui certaines craintes dans tout le pays. Dans les Pyrénées-Orientales, c’est d’ailleurs cette proximité avec la Catalogne espagnole, frappée de plein fouet par l’épidémie, qui est un autre facteur d'inquiétude. La préfecture a d'ailleurs annoncé le renforcement des contrôles aux frontières.  

"On a une population qui est multipliée par deux à la faveur des vacances. On sait que ce sont les vacanciers majoritairement, donc ils ne sont pas forcément très enclins à respecter les mesures barrières, donc ils s’exposent plus facilement", précise également Hugues Aumaître, chef du service des maladies infectieuses et tropicales (SMIT) de l’hôpital de Perpignan.  "Et on sait que le taux de vaccination est très insuffisant dans les P.-O., puisque seulement 42 % de la population a eu ses deux doses, et est donc protégé de ce variant", complète Hugues Aumaître. Des craintes auxquelles on ajoute la forte mobilisation des soignants pour la vaccination, et les services d’urgence qui doivent faire avec une accidentologie accrue en période estivale.
 

Hugues Aumaître, chef du service des maladies infectieuses et tropicales (SMIT) de l’hôpital de Perpignan

 

Le "trou dans la raquette" de la vaccination

Le chef du SMIT de l’hôpital perpignanais confirme également aujourd’hui que les jeunes apparaissent comme la tranche d’âge la plus touchée par le variant Delta, et plus largement les 10-45 ans, moins sujets aux formes graves du Covid-19. Mais alors pourquoi les autorités s’inquiètent-elles aujourd’hui ? "Ce n’est pas faux, la fréquence des formes graves est moins grande chez les jeunes adultes. Néanmoins, le nombre attendu de personnes qui vont avoir le covid va être tellement important, dans une population multipliée par deux, qu’on va clairement avoir clairement des gens hospitalisés", répond Hugues Aumaître.

"Par ailleurs, je rappelle que 40% des obèses d’un IMC de plus de 30 ne sont pas vaccinés, alors qu’on sait très bien depuis 1 an et demi que les obèses sont à très haut risque. On voit donc qu’il y a des trous dans la raquette de la vaccination. Il y a un certain nombre de personnes à risque qui ne sont pas vaccinées", explique-t-il. En ce début d’été, 10% des personnes à risque de plus de 60 ans ne sont également pas vaccinés en pays catalan.

Les autorités locales et sanitaires en appellent donc à la vaccination collective, le seul moyen "de passer un été un peu plus tranquille".  Des dispositifs spécifiques sans rendez-vous sont d’ailleurs mis en place tout l’été dans les Pyrénées-Orientales, à destination notamment des touristes (un centre de vaccination éphémère sera en place ces 13 et 14 juillet à Sainte-Marie-la-Mer et en gare de Perpignan).
 

Hugues Aumaître


Les P.-O. proches de la barre des 200 cas et des restrictions supplémentaires

Dans son allocution ce lundi 12 juillet, Emmanuel Macron a évoqué la possibilité de mesures de freinage locales du côté des préfectures, là où le virus circule le plus, et notamment là où le taux d’incidence dépasse les 200 cas pour 100 000 habitants. Les Pyrénées-Orientales pourraient rapidement franchir cette barre, puisqu’actuellement à 155 cas pour 100 000 habitants. Que se passerait-il dans ce cas ?

"Le président a fixé un double critère : le critère de 200 pour 100 000 sur le taux d'incidence, qui risque d'être atteint dans les jours qui viennent, et le critère de la tension sur l'hospitalisation. Et pour l'instant, on ne constate pas encore de tension sur l'hospitalisation, parce que le public touché est plutôt jeune", a répondu ce mardi le préfet Etienne Stoskopf qui ajoute que "si cela devait arriver, il y aurait effectivement une réflexion sur des mesures complémentaires de gestion, des restrictions d'actvités, mais aujorud'hui on n'en est pas là." 

Pour Hugues Aumaître cette tension hospitalière pourraient arriver '"ans deux à trois semaines". Cela s'expliquerait selon lui par "le retard entre les premiers cas de variant Delta dans la population générale et les patients les plus graves." Mais du côté de la préfecture, il est pour l'instant impossible de mettre des mots sur de possibles restictions à envisager. 
 

Etienne Stoskopf, préfet des Pyrénées-Orientales


Une bonne nouvelle par contre concernant la vaccination. Depuis l'allocution du président Emmanuel Macron ce lundi, le département a constaté 10 000 prises de rendez-vous supplémentaires depuis hier soir. Et pour faire face à la saturation des plateformes de réservation, 6 300 doses de vaccin sont prévues pour pouvoir ouvrir de nouveaux créneaux dans les jours qui viennent.

 


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