La Présidente sortante a déroulé son programme économique en vue des élections régionales des 20 et 27 juin.

 

La présidente sortante de la région Occitanie, Carole Delga, a présenté son programme économique ce lundi 31 mai 2021. L'élue socialiste à la tête de la liste Occitanie en Commun entend relever deux défis « sortir les entreprises de la crise sanitaire » alors que « 60 000 entreprises ont été aidées pendant la durée de son mandat ». Et transformer l’économie à la hauteur des enjeux climatiques.  

 

"Ne pas agiter des chiffons rouges" sur la LGV

Carole Delga a souligné les investissements nécessaires dans les infrastructures de transports, car les périodes de prospérité « ne sont possibles que lorsque la puissance publique a investi massivement dans les transports ». Concernant le financement de la LGV, Carole Delga a demandé d'« arrêter d’agiter des chiffons rouges », « nous travaillons aux modalités de financement, la Région prendra toute sa part » (41% soit 1,3 milliard d’euros pour Bordeaux-Toulouse), la question de l’amortissement « on y travaille avec Bercy », mais « sur la question des infrastructures de transport je demande au Président de la République un vrai plan. Il faut investir massivement et c’est à travers une taxe sur les sociétés autoroutières que nous pourrons avoir un financement. Car elles tirent leurs bénéfices de la concession du domaine public. »  

La présidente sortante a souligné son bilan sur les dossiers éco : l’avion du futur, actuellement conçu à Toulouse-Francazal avec l’aide de la Région « un avion électrique 19 places, commercialisable dans 3 ou 4 ans », le pôle ferroviaire autour de Tarbes « avec les entreprises Alstom et Caf grâce à des partenariats publics privés », ou encore les cars régionaux à hydrogène imaginés par la Safra à Albi.

A ses opposants qui lui reprochent ses investissements trop importants pendant la crise sanitaire, elle a rappelé la situation financière saine de « sa » collectivité : « les frais de fonctionnement d’augmentent pas et la Région peut emprunter sans atteindre le seuil d’alerte » l'ancienne ministre assumait pleinement le fait que les aides aux entreprises soient passées « de 200 millions à 400 millions » car « il est normal que la dépense publique soit présente en temps de crise ».

 

"Croissance en conscience"

Carole Delga veut une « croissance en conscience » refusant « l’écologie du diktat » car « la bataille ne se gagne pas avec des positions dogmatiques ». Ses positions divergent en effet des écologistes ou LFI sur plusieurs dossiers économiques régionaux, comme le projet d'autoroute Castres-Toulouse et les futures installations portuaires de Port-La-Nouvelle : « l’autoroute va se réaliser avec la participation de la région, d’ici quelques semaines on connaitre le concessionnaire » . Et concernant Port-La- Nouvelle « je rappelle que les élus écologistes de la région ont voté pour, car c’est le port de la transition énergétique non seulement au travers de l’éolien flottant, mais pour faire en sorte que les céréales de l’ouest de l’Occitanie ne fassent pas des centaines de kilomètres en camion vers La Rochelle mais bénéficient plutôt du ferroutage vers Port-La-Nouvelle. »   

 

Un appel à faire barrage au RN

La présidente sortante terminait par un mot plus politique « je trouve inadmissible que des élus en responsabilité puissent indiquer qu’il n’y ait pas de front républicain » réagissant aux propos du numéro 2 des Républicains Guillaume Peltier « les idées d’extrême-droite c’est la xénophobie mais c’est aussi la perte de confiance pour l’économie. Il doit y avoir un front républicain » a souligné Carole Delga confrontée à une probable poussée du Rassemblement National en juin, un RN puissant sur l’est de l’Occitanie.