Il y a 40 ans jour pour jour : la gauche accédait au pouvoir pour la première fois sous le régime de la Ve République.

 

On commémore ce lundi un événement historique : celui de la première accession au pouvoir de la gauche sous la Ve République. Il y a 40 ans le 10 mai 1981, François Mitterrand accédait aux plus hautes fonctions de l’Etat. Ils sont quelques-uns dans la région à avoir côtoyé l’ancien président. Parmi eux le Bigourdan Jean Glavany, chef de cabinet de François Mitterrand et secrétaire d’Etat, mais aussi Paul Quilès ex-ministre de la Défense devenu député du Tarn ou encore Martin Malvy, ancien président de la région Midi-Pyrénées et maire de Figeac qui fut ministre du Budget de François Mitterrand. 

 

Ils racontent leurs 10 mai 81 : "Fabius s'est mis à pleurer"

Le 10 mai 1981 Jean Glavany était à Paris d'abord, puis à Château-Chinon dont François Mitterrand était maire. Installé à l’hôtel du Vieux Morvan avec les proches du futur président et plusieurs journalistes, "j'ai appris la nouvelle au Président Mitterrand qui discutait des forêts du Morvan avec des journalistes. Son visage n'a pas eu une ride. Il m'a dit que nous verrions cela plus tard..." confie encore admiratif celui qui sera plus tard ministre de l'agriculture de Jacques Chirac pendant la deuxième cohabitation.

 

Jean Glavany

 

Pour Martin Malvy, si cette accession de Mitterrand aux plus hautes fonctions de l'Etat n’a pas été une surprise, le Lotois se souvient surtout de l’émotion populaire, "à la mairie de Figeac des hommes et des femmes pleuraient, ils militaient depuis parfois des dizaines d'années. C'était une formidable émotion" raconte-t-il. 

 

Martin Malvy

 

Le Tarnais Paul Quilès, ancien maire de Cordes-sur-Ciel et député fut aussi le directeur de campagne de la Présidentielle victorieuse. Il nous a raconté ce moment où il a reçu l’appel d’un institut de sondage lui annonçant la victoire: "je raccroche, tout le monde me regarde - il aurait fallu tourner un film - j'annonce la victoire. Et là hurlements joie bonheur, Fabius s'est mis à pleurer..." Paul Quilès se remémore la liesse place de la Bastille le soir du 10 mai à 20 heures "au plus fort de la manifestation il y avait 500 000 personnes, ç'a concrétisé qu'il allait se passer quelque chose de nouveau : à savoir un président de la République de gauche."

 

Paul Quilès

 

L'héritage

Les Mitterrandiens d'Occitanie sont, sans surprise, unanimes sur l'héritage politique "considérable" laissé par l'ancien chef d'Etat. Martin Malvy estime "l’œuvre de François Mitterrand colossale". C’est pour cela que "le 10 mai reste dans les mémoires", pas seulement à cause de l’alternance politique, "l'ouverture de l'audiovisuel, les radios privées, l'abolition de la peine de mort ou le budget de la culture doublé".

Jean Glavany renchérit "l'abolition du délit d'homosexualité, la décentralisation..."  L'ancien maire de Maubourguet évoque "sa fierté" d’avoir servi cet homme d’Etat, lors de deux septennats qu’il décrit "comme une étape majeure dans la Ve", "une révolution politique et démocratique" qui a existé grâce aussi à la volonté de fer de François Mitterrand, qui retentera en 1981 après deux défaites à la Présidentielle et qui aura réussi l'union des gauches. Condition sine qua non de l'accession du PS au pouvoir.

 

Martin Malvy
Jean Glavany

 

Mitterrand un président "qui aimait la ruralité"

Comment était-ce de travailler avec François Mitterrand cet homme "que l'on n'avait pas l'habitude d'interrompre" dira Jean Glavany ? Pour lui, l'expérience était "passionnante" et "harassante", mais le Bigourdan en a conservé une "fierté de servir cet homme d'Etat" jamais enfermé dans sa tour d'ivoire, "il consultait énormément". Martin Malvy se souvient quant à lui d’un président "fascinant à écouter" et "qui écoutait ses interlocuteurs" et "qui exerçait une autorité naturelle". Un président "qui aimait la ruralité" et le sud-ouest, "je me souviens de promenades du côté de Cabrerets et Saint-Cirq-Lapopie avec François Mitterrand et Maurice Faure..."

Et au-delà des anecdotes et des réformes engagées, des choses étonnent-elles encore chez cette figure tutélaire des socialistes français ? Peu selon Jean Glavany qui a accès aux archives comme membre du conseil d'administration de l'Institut François Mitterrand "sauf peut-être sur sa relation avec sa fille Mazarine. Mitterrand était un père formidable." Dont le PS cherche toujours le descendant...

Martin Malvy
Jean Glavany
Paul Quilès