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Huit morts dans l’incendie de Saint-Laurent-de-la-Salanque : jusqu’à 30 ans de réclusion pour les responsables

Cet incendie s'était déclaré la nuit du 13 au 14 février 2022 après une explosion dans une épicerie de Saint-Laurent-de-la-Salanque

Cet incendie s'était déclaré la nuit du 13 au 14 février 2022
Cet incendie s'était déclaré la nuit du 13 au 14 février 2022

Publié : 8h14 par Emmanuel Bouisset

 

La justice a rendu son verdict dans l’un des drames les plus marquants de ces dernières années dans les Pyrénées-Orientales. La cour d’assises a condamné mercredi deux frères à 30 ans de réclusion criminelle et leur exécutant à 25 ans de prison pour l’incendie volontaire qui avait coûté la vie à huit personnes à Saint-Laurent-de-la-Salanque en février 2022.

Au terme de plusieurs jours d’audience à Perpignan, Khaled et Raouf Ben Abdeljelil ont été reconnus coupables d’avoir commandité l’incendie de l’épicerie exploitée par l’aîné des deux frères. Selon l’accusation, ils avaient demandé à Madjid Mekhelfi, un jeune homme en situation irrégulière, d’y mettre le feu afin de percevoir une indemnisation de l’assurance.

Dans la nuit du 13 au 14 février 2022, l’incendie avait provoqué une explosion avant de se propager à deux immeubles voisins. Le sinistre avait fait huit victimes, dont deux très jeunes enfants. Le drame avait particulièrement bouleversé la région, notamment parce qu’une même famille de cinq personnes avait péri dans les flammes.

Retrouvé grièvement brûlé à proximité des lieux, Madjid Mekhelfi avait reconnu avoir déclenché l’incendie à la demande des deux frères, affirmant qu’ils lui avaient promis un emploi ainsi qu’une aide pour régulariser sa situation administrative. Les deux commanditaires présumés ont, eux, continué de nier toute implication durant l’ensemble de la procédure.

Les jurés ont suivi intégralement les réquisitions du ministère public. Outre les peines de réclusion, une interdiction définitive du territoire français a été prononcée contre les trois condamnés.

À l’issue du verdict, l’émotion était palpable chez les proches des victimes. Nicolas Nassier, avocat de plusieurs parties civiles, a évoqué le « soulagement » de ses clients. « La vérité judiciaire est tombée », a-t-il déclaré, estimant que la décision de la cour apportait enfin une réponse après plus de quatre années d’attente et de douleur.

Dans le camp de la défense, les réactions étaient bien différentes. Me Luc Abratkiewicz, avocat de Raouf Ben Abdeljelil, a regretté une décision dictée selon lui par l’émotion. « J’avais peur que l’émotion l’emporte sur la raison, et manifestement l’émotion l’a emporté », a-t-il réagi à l’issue de l’audience.

L’avocat de Madjid Mekhelfi, Me Gérald Brivet-Galaup, a lui aussi jugé la peine de 25 ans de réclusion « inadaptée ». Il a notamment mis en avant les aveux de son client et son témoignage, qu’il qualifie d’« extrêmement sincère », estimant qu’une sanction moins lourde aurait été plus conforme à sa personnalité et à son attitude durant le procès.

Pour les familles endeuillées, ce verdict referme en partie un chapitre douloureux. Mais il ne fera pas disparaître le souvenir de cette nuit tragique qui avait coûté la vie à huit habitants de Saint-Laurent-de-la-Salanque et profondément marqué tout un territoire.