Attentats de Trèbes et Carcassonne : les peines fortement alourdies en appel
La cour d’assises spéciale de Paris a alourdi les peines de Marine Pequignot et Samir Manaa, condamnés à 10 et 12 ans de détention pour association de malfaiteurs terroriste dans le cadre des attentats de Trèbes et Carcassonne de 2018.
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Publié : 7h51 par Emmanuel Bouisset
La cour d’assises spéciale de Paris a condamné mercredi 7 octobre Marine Pequignot et Samir Manaa à des peines de 10 et 12 ans de détention pour association de malfaiteurs terroriste, dans le cadre du procès en appel des attentats de Trèbes et Carcassonne de mars 2018. Une décision bien plus sévère qu’en première instance.
Huit ans après les attentats djihadistes qui avaient coûté la vie à quatre personnes, dont le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, la justice a durci sa position à l’encontre de deux proches de l’assaillant Radouane Lakdim.
Marine Pequignot, ancienne compagne du terroriste, a été condamnée à dix ans de détention. En première instance, elle avait écopé de cinq ans de prison, dont deux avec sursis. Samir Manaa, qui avait notamment accompagné Lakdim lors de l’achat d’un couteau avant les attaques, a quant à lui été condamné à douze ans de détention, contre trois ans d’emprisonnement lors du premier procès.
Dans son arrêt, la cour a estimé que les deux accusés avaient connaissance du projet terroriste de Radouane Lakdim. Les magistrats ont notamment retenu que Marine Pequignot n'ignorait rien des « desseins mortifères » de son compagnon et ont souligné sa propre radicalisation. Concernant Samir Manaa, la cour a considéré qu’il connaissait « l’appétence pour la violence » de Lakdim lorsqu’il l’a conduit dans une armurerie.
Les deux condamnés, qui comparaissaient libres depuis l’ouverture du procès en appel le 14 septembre dernier, ont été immédiatement incarcérés après le verdict.
Réactions contrastées
L’un des avocats de Marine Pequignot, Me Benjamin Bohbot, a vivement critiqué cette décision. Selon lui, la cour d’assises a « cédé aux passions » au lieu de s’en tenir à la raison. L’avocat estime que ce verdict est « injuste et aveugle » et qu’il ne contribuera ni à soulager les victimes ni à servir les intérêts de la société.
À l’inverse, Me Blandine Gentil, avocate de l’Association française des victimes du terrorisme, a rappelé que la reconstruction des victimes « ne se mesure pas en années de prison », tout en soulignant l’importance de lutter contre toute forme de minimisation de la gravité des attentats.
Un procès emblématique
Le 23 mars 2018, Radouane Lakdim, qui avait prêté allégeance à l’organisation État islamique, avait d’abord assassiné un homme à Carcassonne avant de prendre des otages dans le supermarché Super U de Trèbes. Trois personnes y avaient été tuées, dont le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, qui s’était volontairement substitué à une otage avant d’être mortellement blessé. Le terroriste avait finalement été abattu lors de l’assaut des forces d’intervention.
Le troisième accusé de ce dossier, Baghdad H., dont le procès en appel a été disjoint après son expulsion vers le Maroc, pourrait être rejugé ultérieurement s’il est retrouvé.
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