25 ans de réclusion pour un féminicide jugé aux assises du Tarn‑et‑Garonne
Un homme de 41 ans a été condamné ce lundi à Montauban à 25 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse avec actes de torture et de barbarie, une peine jugée insuffisante par la famille de la victime.
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Publié : 8h04 par Emmanuel Bouisset
La cour d’assises du Tarn‑et‑Garonne a condamné, ce lundi 13 avril à Montauban, Sébastien Bettencourt, 41 ans, à 25 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse, assorti d’actes de torture et de barbarie. Une peine en deçà des réquisitions du parquet, qui a suscité une vive émotion et l’indignation des parents de la victime.
L’homme, électricien‑chauffagiste, a été reconnu coupable d’avoir violé, poignardé puis étranglé sa femme Isabelle, âgée de 36 ans, le 13 mars 2023, à leur domicile de Lamothe‑Capdeville, près de Montauban. Le couple avait cinq filles, aujourd’hui âgées de 7 à 17 ans.
Lors de ses réquisitions, l’avocat général Bruno Sauvage avait demandé la réclusion criminelle à perpétuité, assortie de 22 ans de période de sûreté, évoquant une scène de crime d’une violence extrême : « En trente‑cinq ans d’expérience de police judiciaire, je n’ai jamais vu un tel acharnement », avait‑il déclaré à l’audience.
Dès l’ouverture du procès, l’accusé avait reconnu l’intégralité des faits, affirmant toutefois ne s’être souvenu que tardivement du viol commis avec son poing, et ne pas se rappeler être allé chercher le couteau avec lequel il avait porté deux coups à son épouse. La cour l’a également condamné à sept années de suivi socio‑judiciaire, avec notamment une obligation de soins, conformément aux réquisitions du ministère public.
Une famille « révoltée » par la décision
À l’issue du verdict, les parents de la victime se sont dits « révoltés », « choqués » et « très meurtris ».
« Voilà un individu sanctionné par seulement 25 ans, sans période de sûreté, après que notre fille a été violée et assassinée dans des conditions parfaitement inhumaines », a dénoncé Alain Gabens, le père d’Isabelle, à la sortie de la salle d’audience.
Son avocat, Me Fabien Arakelian, a indiqué qu’il ne serait « pas surpris » par un éventuel appel du ministère public.
Après les faits, Sébastien Bettencourt avait quitté le domicile familial en pleine nuit, laissant ses filles découvrir le corps de leur mère au matin. À l’audience, Me Valérie Durand, avocate des enfants, a souligné l’ampleur du traumatisme : « Ce jour‑là, le monde s’écroule. Pour des enfants, une maman, c’est tout l’univers réuni en une personne », évoquant « une trahison suprême ».
Une défense plaidant la sidération
La défense a, de son côté, salué une « décision juste et adaptée ». Me Morgane Morin, avocate de l’accusé, a rappelé le passé de somnambulisme de son client, une hypothèse rejetée par les experts psychiatres mais mise en avant pour tenter d’expliquer la violence des faits. Selon elle, l’homme aurait agi en état de « sidération », tel un « automate », avant de fuir le domicile familial.
Avant le délibéré, Sébastien Bettencourt s’était brièvement adressé à ses filles, évoquant des excuses qu’il jugeait lui‑même « ridicules » au regard de ses actes.
Un verdict lourd, mais jugé insuffisant par la famille de la victime, dans une affaire qui laisse cinq enfants durablement marqués par un drame conjugal d’une extrême violence.
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