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Pandémie : comment Toulouse évite la fuite des cerveaux de l'aéro ?

1er juillet 2021 à 14h15 par La Rédaction

Zoom sur le dispositif « Passerelles Industries » qui permet notamment de conserver les compétences sur le territoire de la Métropole.

 

Comment conserver les emplois et les compétences dans ce contexte de crise sanitaire ? Avec la crise de l'aéronautique, plusieurs organismes se sont mis en ordre de bataille depuis mars 2020 pour tenter de trouver des solutions à la fuite des cerveaux. Car la technicité des dirigeants, ingénieurs, salariés, agents de maîtrise du bassin toulousain est la première force du territoire.

C’est ainsi que France Chimie Occitanie a lancé le dispositif « Passerelles Industries », dans le cadre du Plan de soutien à la filière aéronautique et spatiale, en partenariat avec l’UIMM Occitanie (Union des industries et métiers de la métallurgie), la Région Occitanie, Pôle emploi, la Direccte et les branches industrielles de France Industrie. «On a créé Passerelles pour garder les compétences professionnelles face à cette pandémie qui s’est traduite par une crise économique. En particulier dans les secteurs de l’aéronautique», explique Nicole Barollo, déléguée générale de France Chimie Occitanie et en charge de ce projet. Elle ajoute : «le concept a été posé en mars 2020, il est effectif depuis octobre 2020 et court sur une période de deux ans ». 

Ce projet facilite les passerelles entre les entreprises industrielles en difficulté et celles qui recrutent. Au total, ce dispositif regroupe 10 filières dont deux font parties de la métallurgie. Les autres secteurs concernés sont l’agroalimentaire, la santé, ou encore l’énergie. Ces branches doivent permettre l’accueil de salariés du secteur aéronautique qui ont perdu leur emploi. Un dispositif basé sur trois leviers : le prêt de main d’œuvre en cas de sous-activité/sureffectif, l’emprunt de main d’œuvre et le reclassement. 

 

3000 entretiens qualifiés ont été réalisés

À travers ce plan, «le but est que les salariés ne partent pas de l’industrie. En effet, ils ont été longuement formés et en général, ils sont très attachés à leur métier. Nous le voyons avec des usineurs qui ne veulent pas quitter leur savoir-faire. De plus, ils veulent faire profiter de leurs compétences à d’autres entreprises. Aussi, ils restent attachés à la région» explique Nicole Barollo.

Depuis le lancement de ce dispositif, en six mois près de 500 demandes d’emprunt de main-d’œuvre ou de recrutement ont été demandés sur le site internet «l’industrie recrute». Dans le détail, 8 000 entités industrielles dans la région sont concernées par Passerelles Industries. Au total, 2000 entreprises ont été contactées par les neuf consultants-terrain et qui ont pour mission de cibler les besoins d’effectifs ou de compétence. L’accompagnement et la recherche d’emplois a permis pour l’instant la réalisation de 3000 entretiens à ce jour.

Si les entreprises communiquent assez peu en externe à ce sujet, le dispositif fontionne aussi ailleurs dans la région. On sait que dans l’Aveyron, l’entreprise SNAM (batteries recyclages) a recruté par le biais du reclassement, un opérateur en usinage travaillant préalablement dans l’entreprise USICAP (mécanique de précision). Dans les Hautes-Pyrénées : l’entreprise CAF est volontaire pour accueillir de la main d’œuvre d’entreprises inscrites dans le dispositif, l’entreprise SEGENERE met à disposition de la main d’œuvre pour les entreprises inscrites dans le dispositif.

 

Liliana Brel. 

Nicole Barollo