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INFO 100%. Opération anti-mafia à Toulouse : une centaine de policiers investissent un camp de proxénètes bulgares

Un vaste coup de filet dans ce squat dirigé par la pègre des pays de l'est. 

5 décembre 2022 à 8h00 par Brice Vidal

 

Un vaste dispositif, une centaine de policiers, a investi à l’aube ce lundi le camp de Gabardie à Toulouse, quartier Gramont. La présence de la Direction territoriale de la police judiciaire de Toulouse (DTPJ) laissait augurer d’arrestations en lien avec le crime organisé. Des dizaines de policiers de la sécurité publique étaient également déployés aux alentours, notamment le groupe de lutte contre le proxénétisme et les stupéfiants de la Sûreté départementale, la brigade canine ou encore la police technique et scientifique (PTS), mais aussi la Brigade de recherche et d'intervention (BRI), une demi compagnie de CRS. Il y a plusieurs interpellations. A la sortie de ce camp jonché de détritus, des victimes étaient emmenées pour audition dès 8h30 et au moins deux mis en cause étaient emmenés, menottes aux poignets. 

 

Une enquête pilotée par une juridiction spécialisée

Selon nos informations, les flics toulousains de différents services seraient en passe de démanteler un réseau de proxénètes issus de la communauté rom bulgare. Une enquête pilotée par la brigade de répression du banditisme (BRBP) de Toulouse, menée dans le cadre d’une instruction de la juridiction spécialisée dans le crime international : la JIRS de Bordeaux. Au moins une douzaine de cibles, pour la plupart des hommes, étaient visées ce lundi matin.

 

Des souteneurs bulgares ultra-violents

Ce réseau de proxénètes, très structuré et ultra-violent, obligeait des jeunes femmes à tapiner « de 7 heures à 19 heures 7 jours/7 dans le secteur du boulevard des Minimes, de Suisse, également près de la station Total, au bord du canal, elles se déplaçaient en métro » nous glisse une source proche de l’enquête ; les prostituées récalcitrantes étaient parfois frappées à coups de barre de fer et « certaines sont déficientes mentales » nous dit-on. Glauque.

Les suspects étaient vraisemblablement surveillés depuis plusieurs semaines dans le cadre de filatures et d’écoutes. Une partie des caïds de ce réseau pourrait se trouver en Bulgarie. "Une dizaine de personnes, dont une femme, ont été interpellées ce lundi", apprenait-on dans l'après-midi. Placés en garde à vue au commissariat central de Toulouse, tout ou partie des mis en cause devraient être présentés à un juge d'instruction au terme de leurs gardes à vue (elles peuvent durer 96 heures pour ce type de dossier), notamment pour des faits de proxénétisme en bande organisée et association de malfaiteurs.