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Incendie criminel au centre de rétention administrative de Perpignan : un syndicat alerte sur des profils "de plus en plus dangereux"

Alliance Police Nationale 66 monte au créneau après que plusieurs étrangers en situation irrégulière aient mis le feu à une partie du centre de rétention administrative de la cité catalane ce mardi soir.

16 novembre 2022 à 15h18 par John Bourgeois

 

"Nous ne sommes pas étonnés", regrette Franck Rovira ce mercredi 16 novembre. Le secrétaire départemental du syndicat Alliance Police Nationale dans les Pyrénées-Orientales alerte depuis de longs mois sur la situation inquiétante du centre de rétention administrative de Perpignan. Son bâtiment, situé sur la zone de Torremilla, s'est embrasé ce mardi soir après l'acte malveillant de plusieurs retenus. Ces derniers ont mis le feu à leur matelas créant trois départs de feux dans différents secteurs du site. Un incendie volontaire qui n'a fort heureusement blessé personne, mais qui donne lieu à de vives inquiétudes. 

Des retenus "sortant de prisons, des profils de délinquants"

Cinq policiers étaient de garde au centre de rétention administrative ce soir-là, qui compte en ce moment 24 étrangers en situation irrégulière. Ils ont dû d'ailleurs leur faire face vers 19h, avec l'émeute générée par ces incendies. Les agents ont tenté eux-mêmes d’éteindre les flammes, avant finalement d’attendre l’arrivée des pompiers, au vu de la situation très difficilement gérable. 

"On a des collègues qui travaillent dans l'insécurité et qui maintenant font face à des retenus qui ne sont plus des gentils petits étrangers en situation irrégulière, mais plutôt des sortants de prison, des profils de délinquants qui sont là pour semer du trouble à l'ordre public", s'inquiète Franck Rovira, d'Alliance Police National 66. Il appelle désormais "à ce que l’on puisse sécuriser ces locaux". 
 

Franck Rovira, secrétaire départemental d'Alliance Police Nationale
Franck Rovira


Vers une amélioration et une sécurisation du centre ?

Le centre de rétention administrative de Perpignan est actuellement en projet d'extension. En travaux, il ne compte que 24 retenus en ce moment, mais doit normalement pouvoir en accueillir 48, voire même 60 d'ici la fin du chantier. Sauf que même avec une vingtaine d'étrangers en situation irrégulière, "il n'est plus adapté en termes de sécurité" selon Alliance Police Nationale, qui demande que des moyens lui soient alloués pour faire face à ces profils "de plus en plus dangereux"

"On demande qu'il y ait la mise en place d'un filet anti-projection, car le centre est à milieu ouvert. Il n'y a pas de mur en béton, mais que du grillage. À partir de là, vous avez des visiteurs, peut-être des complices d'évasion, qui n'hésitent pas à jeter des pinces coupantes, ou même encore, comme ces derniers jours, une scie circulaire." Franck Rovira attend donc que des aménagements soient faits, et que le centre soit aussi sectorisé, "pour éviter qu’un afflux de retenus ne s’en prenne aux agents sur place".
 

Franck Rovira


Une enquête ouverte et des retenus transférés

Après l'incident de ce mercredi soir, plusieurs questions étaient laissés en suspens. L'état du centre de rétention permettait-il de garder les retenus sur place ? Pas pour tous. Quatre d'entre eux ont pour l'heure été transférés vers un autre centre à Toulouse. Puis se pose également la question du ou des auteurs des incendies. Le parquet a ouvert une enquête pour "dégradations volontaires par incendie". Selon nos informations, un retenu aurait été placé en garde à vue et auditionné ce mercredi matin. Il nierait être responsable. L'enquête se poursuit.