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Blagnac : un collectif s'élève contre les aménagements du Festival des Lanternes

Le collectif Blagnac Ritouret Odyssud conteste notamment la construction d'une clôture définitive autour du Parc du Ritouret.

1er décembre 2021 à 14h57 par Brice Vidal

 

Ce sont les tenants du « oui mais ». A l’heure de l’inauguration du Festival des Lanternes de Blagnac ce mercredi, événement grandiose chipé par la cité airbusienne à Gaillac, un collectif « apolitique » d’une douzaine de citoyens et riverains monte au créneau. Il s’élève non pas contre le festival, mais contre son impact sur le cadre de vie. « Nous ne sommes pas contre le FDL, et sommes en accord avec le concept de résilience économique prôné par le maire, mais pas comme ça : ce festival est surdimensionné et entraîne de multiples contraintes pour les habitants » souligne Nathalie, riveraine du parc du Ritouret, qui a monté ce collectif à la mi-septembre avec ses acolytes.  
 
La clôture définitive autour du parc ne passe pas

L’affluence liée au festival et son million de visiteurs attendus en deux mois, les embouteillages induits « ne sont pas la cause principale » du courroux de cette Blagnacaise.

Ce qui cloche pour le collectif, ce sont les aménagements autour du parc du Ritouret : « ce parc a été accessible et intégré dans le paysage depuis 40 ans, et même le centre culturel Odyssud est désormais enfermé, encerclé. La clôture construite soi-disant pour le festival est définitive ! » s’emporte Nathalie qui estime qu' « il n’y a pas eu de concertation. Le maire explique que c’était en débat depuis longtemps mais personne n’en a entendu parler avant. » Cette clôture « n’est pas adaptée aux usagers d’un parc public, c’est pour un parc d’attraction. Et cela n’assurera pas la sécurité des promeneurs ». La mairie nous confirme qu'elle réfléchissait à "sécuriser le parc la nuit afin de lutter contre les diverses incivilités notamment les passages des quads". A-t-elle profité des mesures de sécurité des lanternes, imposées par la préfecture, pour installer sa clôture à marche forcée ?


Les mécontents pointent l’absence de concertation

Le collectif affirme avoir fait des propositions pour trouver une alternative, « nous n’avons eu aucune réponse ». Le 28 septembre la réunion publique « trop restrictive » a été houleuse « beaucoup de gens non invités y sont allés », comme Nathalie. Le rendez-vous a rassemblé 250 personnes. Les mécontents estiment avoir été considérés ce jour-là comme quantité négligeable, « le maire a dit que nous ne représentions qu’une poignée de gens et ce que nous avions écrit dans notre lettre ouverte était agressif » mais « nous sommes des habitants et subissons des contraintes. »

Aujourd’hui la majorité réfléchirait à des tourniquets en lieu et place des grands portails. Michèle, un autre membre actif du collectif, ne digère pas d'être « privée de l’utilisation du parc depuis le 10 octobre ». Le collectif est ulcéré d’être considéré comme une bande de grincheux, défendant des petits intérêts particuliers ; « peut-être sommes-nous des grincheux, mais on porte la parole de centaines de personnes, moi ça fait 40 ans que j’habite ici et ça nous a fait mal au cœur de voir cette grille qui nous coupe la perspective sur le lac ». Michelle aurait préféré installer le Festival des Lanternes vers le MEETT « il aurait fallu mieux étudier la localisation. Au Ritouret on nous l’a imposé » estime-t-elle.  

 

Le maire tempère

Interrogé mardi soir Joseph Carles dit "comprendre" les mécontents, "si j'étais riverains je serais aussi inquiet" mais "on a fait tout ce qu'on devait et pouvait faire". "On ne peut pas dire : on fait le festival, et ne pas avoir l'affluence que ça génère" explique le maire. "Les Blagnacais sont partagés", "ils disent banco" au festival "mais disent aussi : pourquoi vous l'avez fait là". "On va être à l'écoute et en fonction des problèmes on réagira" rassure l'édile.