Une page de l'histoire médiévale occitane à l'étude.

 

Un sarcophage des comtes de Toulouse a été ouvert ce jeudi 15 avril 2021. Au pied de la basilique Saint-Sernin, l’espace funéraire des Comtes est édifié sur le bras sud du transept. Cette niche voûtée (enfeu), probablement aménagée au XIIIe siècle et transformé en chapelle fermée au XVIIe siècle, puis remanié vers 1874, accueille quatre sarcophages. Réalisés en marbre sculpté, ils datent de l'antiquité.

 

Les restes d'une vingtaine d'individus dans le premier sarcophage

Dans le cadre de la mise en valeur de la Basilique et de la  restauration de l’Enfeu, deux des sarcophages réputés intacts ont dû être déposés en 2019 par le Service de Restauration du Patrimoine de la Mairie de Toulouse. Le sarcophage central, dit du Comte de l’An Mil, a été déjà déplacé et fouillé en 1988-1989 "la fouille a révélé les restes de 20 individus, et un défunt au fond du sarcophage pourrait correspondre aux restes de Guillaume III Taillefer" explique Pierre Pisani, directeur du Patrimoine de Toulouse Métropole. 

Les deux sarcophages latéraux n’avaient pas fait l’objet d’étude archéologique. Une fouille a été commandée par le Service Régional de l’Archéologie. Cette opération a été engagée le 7 avril 2021 "par le Service de l’Inventaire Patrimonial et de l’Archéologie de Toulouse Métropole" en commençant "par l’ouverture du sarcophage localisé le plus à l’ouest". Il comprenait les restes de deux individus adultes, dont un particulièrement robuste et âgé.

Le second a été ouvert le 15 avril 2021 "en présence de Jean-Luc Moudenc, de maires-adjoints et du curé de Saint-Sernin" précise la mairie. Une face du sarcophage a été entièrement reconstruite au XIXe siècle. De nombreux ossements sont visibles. Les études à venir devraient permettre de mieux comprendre l’histoire de ces sarcophages "on va faire des analyses au carbone 14, également des analyses paléogénétiques, pour voir si l'on a affaire aux mêmes familles dans les sarcophages. Et on déterminera le sexe et la stature des personnes ensevelies".

Il faut savoir que les comtes de Toulouse se sont mariés avec les descendants des rois de France, on pourrait donc retrouver "des traces génétiques" explique Pierre Pisani...