6 personnes mises en examen notamment pour blanchiment, dont un Toulousain originaire des Izards.

 

En Haute Garonne, haro sur l’économie souterraine, la lutte contre les avoirs criminels se poursuit sous l’autorité notamment du parquet de Toulouse. Après plusieurs mois, huit personnes viennent d’être interpellées le 2 mars, dans le cadre d’une enquête menée conjointement par la division criminalité financière de la police judiciaire et le GIR (Groupe Interministériel de Recherches, ex-Groupe d'intervention régional, mêlant policiers et gendarmes).

Un Toulousain « au train de vie inadapté » intéressait beaucoup les enquêteurs, il est désormais poursuivi pour blanchiment en bande organisée, abus de biens sociaux et travail dissimulé en bande organisée.

 

Plus d’un demi-million d’euros d’avoirs criminels saisis

Cinq autres individus ont été mis en examen par un juge d’instruction. En tout ce sont cinq personnes qui ont été incarcérées, des mis en cause issus « d’une famille aux revenus modérés » qui « fréquentait les hôtels de luxe, roulait en voiture de luxe... » expliquait ce vendredi le Commissaire Antoine Dufour, de la Direction territoriale de la police judiciaire. L’enquête a permis d’établir que diverses sociétés de construction ou de BTP, ainsi que des garages, blanchissaient de l’argent, probablement au bénéfice des mis en cause. Un travail de terrain de la BRI (Brigade de recherche et d’intervention de la PJ) a été nécessaire ainsi qu’une enquête patrimoniale du GIR avec un gros boulot « d’analyse bancaire ».

Les saisies opérées suite aux interpellations : plus d’un demi-million d’euros dont 159 000 euros en assurances vie ou 130 000 euros en biens immobiliers. Des véhicules de luxe (BMW ou Touareg). Et également 4,5 kg de cannabis. Anecdotique ? Pas vraiment…

 

Un narco sous les verrous ?

Pas forcément anecdotique, car à aucun moment les enquêteurs ou le procureur de la République n’ont souhaité clairement préciser ce vendredi la provenance des sommes frauduleuses.

Selon nos informations, le principal mis en cause dans cette affaire est un individu connu pour être un des parrains de la drogue à Toulouse. Un individu originaire des Izards, quartier ensanglanté depuis plusieurs mois par des règlements de comptes. « Un homme qui dépensait 100 000 euros par an mais dont les revenus officiels ne dépassent pas 20 000 euros » nous précisait une source judiciaire. L’argent de la drogue était-il investi dans diverses sociétés de construction ? Servait-il à financer des terrains à bâtir, des maisons ? A quoi servaient ces « flux financiers atypiques ». C’est ce que l’information judiciaire ouverte ce jeudi tentera de déterminer.

Les enquêteurs ont décidé semble-t-il de taper les caïds du stup au porte-monnaie. En attendant, le principal mis en cause dort en prison et ne gérera plus de la même façon sa petite entreprise...