Hier, deux hommes d'une quarantaine d'années étaient présentés devant le tribunal judiciaire de Castres. Accusés d’avoir dérobé des bouteilles d’alcool, ils ont écopé de peines de prison ferme.

 

Vodka, whisky et rhum... Lorsque, samedi 27 février, les gendarmes sont arrivés devant l'Intermarché Labrugyère, les deux Géorgiens qu'ils ont arrêtés venaient de tenter de dérober plusieurs bouteilles d'alcool fort à l'intérieur du magasin. C'est le gérant de l'hypermarché, alerté par les déambulations suspectes des deux hommes au centre des rayons, qui a suivi leurs faits et gestes via les caméras de vidéo-surveillance. Après quelques minutes, il aperçoit l'un tenter d'ôter les anti-vols de bouteilles, tandis que l'autre abandonne son chariot un peu plus loin. Le propriétaire prévient alors la gendarmerie.

Lundi 1er mars, devant le tribunal judiciaire de Castres, les deux hommes ont dû s'expliquer. D'autant plus qu'en arrivant devant le parking samedi dernier, les forces de l'ordres avaient trouvé plus d'une dizaine d'autres bouteilles dérobées. "Pourquoi à chaque fois qu'il y a vol d'alcool, ce sont des Géorgiens ?", interroge le substitut du procureur Freddy Marta. Les prévenus tentent d'argumenter par la voix de leur interprète. "Nous aimons beaucoup boire, pour oublier nos soucis, pour moins souffrir", répond un des prévenus. "Nous, les Géorgiens, quand on mange, on boit", rétorque l'autre.


Un marché noir de revente d'alcool

Le vice-procureur, lui, déroule une autre explication. "Une partie de la communauté géorgienne est impliquée dans un marché noir de revente d'alcool. Si vous tapez sur un moteur de recherche "vol d'alcool" et "Géorgiens", vous tombez sur des dizaines d'articles et c'est toujours le même mode opératoire. Je ne crois pas en leur version."

Pour l'avocate des deux hommes, il ne s'agit là que de supputations. "Quand on est dans leur situation, dans la misère, la tentation de se faire plaisir est grande", souligne la robe noire.

Le tribunal a condamné les deux prévenus à quatre et huit mois de prison ferme.

 

Thomas Naudi