Najma est la mère d'un jeune garçon autiste de 5 ans. Elle a accepté de nous raconter son quotidien, bouleversé depuis le confinement.


Si depuis le confinement le quotidien de nombreuses familles est devenu difficile, il l’est encore plus lorsque l’on est parents d’enfant atteint de handicap. Najma est la mère d’un jeune garçon autiste de 5 ans.  

Chaque jour est une épreuve

Un enfant autiste a besoin d’un quotidien organisé, de rituels, qui structurent sa vie de tous les jours. Le confinement a donc bouleversé l’organisation de Najma et son fils Samy. Cela entraîne des situations complexes. "Les enfants autistes n'aiment pas rester à l'intérieur. Donc mon fils prend le cartable tous les matins, il se dirige vers la porte et il crie", explique Najma. Cette mère de famille a l'occasion d'échanger avec de nombreux parents d'enfants atteints d'autisme. Selon elle, il y a des cas bien plus graves, avec des crises qui peuvent aller bien plus loin.

"Il peut y avoir des auto-mutilations, où l'enfant se mord, se fait mal ou se tape la tête avec le mur, ou il peut mordre autrui. Beaucoup d'enfants ont des troubles du sommeil et font des nuits très courtes, ce qui fatigue les parents. Il y a des enfants qui ont des restrictions alimentaires donc ils arrêtent carrément de manger"
 

Najma
Najma

​​

Il faut donc trouver des solutions 

"Le confinement accentue les chose. Ça multiplie fois dix les souffrances des parents et de l'enfant", ajoute Najma. En temps normal, elle est aidée par une association (le CESSAD Esperanza à Toulouges dans les Pyrénées-Orientales, géré par l'UNAPEI 66), mais en plein confinement, seul un soutien téléphonique peut être assuré pour l’instant. Du coup, elle tente de trouver des solutions par elle-même.

"J'ai essayé tout de suite d'installer un rituel. C'est-à-dire que j'ai placé une sorte de classe dans mon garage avec une table et des chaises, pour représenter sa classe à l'école. On a acheté des jouets, on a acheté plein de choses. Et puis j'essaie d'investir ce confinement pour me rapprocher de mon fils. Donc beaucoup de calins, et beaucoup de présence à côté de lui"
 

Najma

​​

Et comme beaucoup de parents, Najma attend un soutien plus fort de l’État, notamment au niveau de la prise en charge physique de l’enfant pendant le confinement. À noter que les associations locales réunissent des cellules de crise un peu partout pour trouver des solutions. Problème, elles souffrent également du manque de personnels et de matériels pour pouvoir se déplacer. De son côté, l’État a renforcé sa plateforme d’appel Autisme Info Service. Créée il y a neuf mois, ses capacités de réponses ont été doublées pendant la crise sanitaire actuelle.
 

Pour joindre Autisme Info Service :
Par téléphone : 0800 71 40 40
Par mail : autismeinfoservice.fr