On vous dit tout sur l'apparition du variant britannique dans un Ehpad de Toulouse.

 

La découverte du variant anglais du Covid au sein de l’Ehpad Saint-Exupéry inquiète et a obligé les autorités à réagir ce lundi en fin de journée.

Un nouveau bilan fait état de deux personnes âgées décédées, 42 résidents sont contaminés ainsi qu'une quinzaine de personnels infectés. Précisément 11 personnes seraient touchées par le fameux variant anglais et il y a 11 personnes pour lesquelles la présence du variant est suspectée a précisé Laurent Poquet le responsable de l'Agence régionale de santé en Occitanie ; "l'Ehpad a eu de très fortes suspicions qu'il s'agissait du variant anglais, le patient zéro n'a pas été identifié" expliquait-il ce lundi.  

 

 

Qu’en est-il de la dynamique du variant anglais en Occitanie ?

On estime qu’au niveau national 1 à 2 % des Covid positifs sont issus de la souche anglaise. "En Occitanie c’est 1,5%" mais "les chiffres vont être affinés" estime le professeur Jacques IZOPET, Chef de service au laboratoire de Virologie à l’Hôpital Purpan de Toulouse pour qui "il n'y a pas plus d'inquiétude avec cette infection qu'avec un autre Coronavirus. Nous n'avons pas assez d'éléments pour savoir si la dynamique de diffusion est la même qu'en Angleterre."

 

 

Même analyse d'Hélène Villars. La gériatre est en charge de la plateforme Covid Ehpad au CHU de Toulouse, qui accompagne les maisons de retraite face à la pandémie. Elle estime que "la situation n’est pas aujourd’hui plus grave en terme de sévérité clinique" comparée au "Covid classique".

 

La stratégie pour chercher le variant

Il s'agit d'une stratégie en deux étapes, la première est une batterie de tests PCR discriminants "qui permettent d'orienter vers une suspicion de variant". La deuxième étape consiste à séquencer "pour caractériser de manière précise le variant" qui possède une dizaine de mutations "de sa protéine spike. Celle qui est reconnue par les anticorps." 

 

 

Le CCAS de Toulouse a mis en place une équipe "cluster"

Le centre communal d'action sociale de Toulouse a mis en place une équipe spéciale "cluster" explique Céline Cazeaux "elle comprend des infirmières de jour et de nuit, des aides-soignantes et auxiliaires de vie que nous déplaçons pour venir en renfort" . Le CCAS met en place également des secteurs Covid et des secteurs sains "de la même manière s'il y a variant ou pas". La surveillance en place comprend des dépistages généralisés, à Saint-Exupéry "le premier a eu lieu le 13 janvier, puis le 18 janvier", et "il peut y avoir des tests intercurrents". 

Ni CCAS ni ARS ne sont en mesure d'expliquer à ce jour comment le variant anglais est apparu dans l'établissement "on mène l'enquête".

L’Ehpad toulousain avait connu une première vague entre septembre et novembre, avec des décès. Et selon les spécialistes interrogés, pour un seul résident de Saint-Exupéry, il pourrait y avoir eu "double infection". Covid classique il y a quelques mois, puis variant anglais en janvier.

Par ailleurs une question se pose : le variant anglais a-t-il infecté la maison de retraite via un agent ou un soignant ? Possible mais rien n'est avéré pour le moment indiquent les autorités. Mais la question dérange, notamment parce que très peu d’agents étaient vaccinés dans cet Ehpad. Selon Céline Cazeaux du centre communal d’action sociale de la ville de Toulouse qui gère la structure "le personnel est plutôt jeune" et "ne se sentait pas à risque"...