Sandra et Farida ont été obligées de stopper leur activité.

 

Sandra et Farida, travailleuses du sexe, dans la rue et sur Internet, à Toulouse, ont été obligées de stopper le travail. Inquiètes face à leurs conditions de vie qui se dégradent, elles se disent oubliées des pouvoirs publics.

Personnels soignants, caissières, routiers, livreurs et beaucoup d'autres, ont vu leurs métiers impactés par le coronavirus. Parmi eux, les "escortes" entrent en précarité au fur et à mesure que le confinement persiste.

À Toulouse, l'association Grisélidis a ouvert une cagnotte pour les travailleurs et travailleuses du sexe en difficulté. Un plus indéniable pour Farida, qui depuis le début du confinement n'a aucun revenu ; “je risque une amende de 150 euros si je travaille”.

Mais elle continue d'exercer, malgré la peur de la maladie, la peur de devenir sans-abri. Une sensation que partage son amie Sandra, transsexuelle.

 

 

Des clients appellent jusqu'à 5h du matin

Leur situation financière critique pousse les travailleurs du sexe à braver la maladie ; “je ne peux plus payer mon loyer”. Selon Farida, pour les clients ce n'est pas du tout un problème, “ils étaient déjà inconscients avec les maladies sexuellement transmissibles, alors le coronavirus ça ne change rien”.

Sandra constate que des utilisateurs ont posté des annonces pour dissuader de rencontrer les escortes, mais “les appels ne s'arrêtent pas et continuent même à 5 heures du matin”. Pourtant, elle explique que sans logement pour accueillir les clients, il est impossible de travailler.

 

 

Légaliser la prostitution ?

“Mais quand s'arrêtera cette hypocrisie avec la prostitution ?” : c'est le cri d'alerte de Sandra qui reproche au gouvernement d'avoir rendu les prostitués plus vulnérables au Covid 19. Le plus vieux métier du monde n'est pas près de disparaître. “Il y a de plus en plus de filles et de transsexuels qui arrivent chaque jour”. Farida veut que la prostitution soit légalisée pour “éviter ce genre de drame”. Mais aussi pour protéger les filles, victimes de la violence et des réseaux.

“Tous les jours, quand je travaille dans la rue, je reçois des canettes de bière ou des parpaings. Nous voulons les avantages comme les inconvénients qu'offrent un métier officiel. Payer des impôts ne me dérange pas”.

 

Lilou Saint-Viteux.