Sanofi jugé responsable de manque d’information sur les risques de la Dépakine : "une très grande victoire" pour Marine Martin

La Catalane est la présidente de l'association de victimes qui a révélé le scandale et lancé une action de groupe contre le laboratoire. Une action jugée également "recevable" par le tribunal. Sanofi fait appel de la décision. 

Sanofi jugé responsable de manque d’information sur les risques de la Dépakine : "une très grande victoi
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Sanofi jugé responsable de manque d’information sur les risques de la Dépakine :
Pyrénées-Orientales
modifié le 05/01/2022 à 18:12


C’est une victoire pour de nombreuses victimes. Sanofi a été jugé responsable d'un manque de vigilance et d'information sur les risques de la Dépakine pour le fœtus en cas de prise pendant la grossesse. Une décision rendue par le tribunal judiciaire de Paris qui a par ailleurs jugé "recevable" l'action de groupe présentée par l'association de victimes contre le laboratoire (association APESAC). Une association créée par la catalane Marine Martin, elle-même victime des effets indésirables de la Dépakine.

Une « très grande » victoire

La Dépakine est un antiépileptique qui aurait provoqué des malformations congénitales et un risque accru d’autisme ou de retards intellectuels, lorsqu’il était prescrit aux femmes enceintes. C’est Marine Martin, habitante de Pollestres dans les Pyrénées-Orientales, qui avait mis en lumière le scandale. Son enfant est handicapé à 80 %, avec des troubles autistiques importants, suite au médicament pris pendant sa grossesse. Elle a été la première maman à avoir porté plainte contre Sanofi, avant de créer l’association Apesac qui accompagne 7 600 victimes et familles.

Il aura fallu attendre quelques années pour que Le groupe pharmaceutique français Sanofi, qui commercialise le médicament, soit mis en examen en 2020 pour "tromperie aggravée" et "blessures involontaires". C’est finalement ce mercredi 5 janvier 2021 que Sanofi a été jugé responsable d'un manque de vigilance et d'information sur les risques de la Dépakine. « ​C’est une très grande victoire. Cela fait 10 ans que je me bats pour faire reconnaître que la Dépakine est un produit toxique », se réjouit Marine Martin. « Là, le juge a reconnu la défectuosité du produit, c’est-à-dire le fait qu’on ait menti aux femmes enceintes en leur disant qu’il n’y avait pas de risque si elles le prenaient pour soigner leur épilepsie pendant leur grossesse. » 
 

Marine Martin, présidente de l'Apesac


Le groupe Sanofi fait appel

La présidente catalane de l’Apesac reçoit depuis cette décision judiciaire une pluie de messages de victimes. Aujourd’hui, le tribunal judiciaire juge « recevable » l’action de groupe contre Sanofi. Ce sont d’ailleurs les associations de victime de médicaments qui ont permis de faire changer la donne en matière de justice sur le sujet. Cette victoire est « un signe fort » pour Marine Martin, « parce que peut-être que d’autres associations de victimes de médicaments voyant qu’on a réussi vont demander à faire des actions de groupe ».

Seul bémol, Marine Martin nous révèle que Sanofi avait fait appel de la décision du tribunal judiciaire de Paris. « Je m’en doutais. J’espérais que peut-être, enfin, ils commenceraient à indemniser les victimes de la Dépakine. Mais non, ils vont faire appel, et donc il va falloir que cet appel soit terminer pour déposer les dossiers des victimes », victimes qu'invite Marine Martin à se rapprocher de l’Apesac. La bataille judiciaire n’est pas totalement terminée, Marine Martin table encore sur minimum deux ans de procédure, « mais nous allons finir par condamner Sanofi, ça c'est une certitude », conclut avec espoir la Pollestrenc.

 

Marine Martin

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