Les élus du conseil départemental pointent l'inertie de l'ARS OCCITANIE.

 

"La santé mentale des Français s'est significativement dégradée entre fin septembre et début novembre", a déclaré, jeudi, le ministre de la Santé. Les autorités constatent "une augmentation conséquente des syndromes dépressifs". " Nous voulons éviter une 3e vague de la santé mentale " a dit le ministre. 

Dans le même temps ce jeudi le président du Conseil départemental, Georges Méric, a présenté à la presse le 2ème volet du Plan d’Urgences Sociales mis en place par le Département pour soutenir les personnes et les acteurs victimes de la crise économique et sociale.
 

Le département partage l'analyse mais dénonce "l'inaction de l'Etat"

Confinement, stress, déprime : à l'instar de l'exécutif "l’impact se fait sentir" analyse le Conseil départemental de Haute-Garonne, les élus locaux craignent "une lame de fond sur la santé psychique de nos concitoyens", plus d'un tiers des salariés serait en "épuisement émotionnel sévère" s'alarme Sébastien Vincini, vice président du CD 31.

Le département, à majorité PS, dénonce l’absence de réponse des pouvoirs publics. "L’Etat ne joue pas son rôle !" explique Sébastien Vincini, les soignants sur le terrain (CHU et Samu 31) "sont très inquiets" et attendent des moyens. Mais "après plusieurs semaines nous sommes toujours en attente d'un retour de l'ARS" s'indigne l'élu, "nous sommes prêts à mettre des moyens et on attend le go de l’agence régionale de santé Occitanie". Pour Sébastien Vincini, il faut tout de suite "un plan de soutien psychologique" car "nos standards téléphoniques explosent, beaucoup de dirigeants d'entreprises nous disent qu'un tiers de leurs salariés ou la moitié sont en détresse !". 

 

De nouvelles aides du CD 31 suite au reconfinement

En mars dernier, le Département a engagé des mesures à destination des personnes précarisées et des secteurs d’activité les plus durement touchés par le confinement, pour un montant de 35 M€. A la suite du reconfinement il mobilise une nouvelle aide de 15 M€, mais également déploie de nouveaux dispositifs orientés vers les personnes fragiles, notamment les jeunes et les personnes isolées. Le Conseil départemental va également mettre en place des mesures pour prévenir la souffrance psychologique des personnes isolées et fragilisées par la crise.

 

Photo - 2019.

Le Samu 31 dément la pénurie de postes

 

Sébastien Vincini décrit une cellule de soutien psychologique du CHU de Toulouse en manque de postes, un standard débordé pour répondre au phénomène de psycho-trauma. Sauf que renseignement pris auprès du CHU, ce n’est pas vraiment le cas. Le patron du SAMU 31, le professeur Vincent Bounes, dément ; "pour l'instant c'est pas un flux d'appel énorme [...] on réévaluera en fonction des besoins [...] le dispositif, qui fonctionne bien avec une dizaine de professionnels de la santé mentale, est clairement suffisant."