Stigmatisés, les patrons de la filière s'estiment occis que les pouvoirs publics.

 

Ils veulent continuer de travailler. Un vent de révolte souffle chez les cafetiers, restaurateurs, patrons de discothèques ; soutenus par leurs fournisseurs.

 

La fronde contre la doctrine sanitaire du gouvernement

Alors que Toulouse et Montpellier sont en alerte maximale, toute la région est bel et bien frappée par les restrictions liées à la deuxième vague de la pandémie. Bars et restaurants trinquent en premier lieu, et ce lundi, à Cornebarrieu en banlieue toulousaine, la filière occitane a commencé à se fédérer.

Objectif : structurer la contestation dans tout le Sud-ouest, pour être enfin entendu du gouvernement ; "on veut regrouper un croissant allant de la Méditerranée à l'Atlantique" rêve Cyril Buesa, restaurateur dans l’Aude. Il a déjà pris contact avec les frondeurs des "brassards noirs". L'entrepreneur refuse d'être un bouc-émissaire "si le gouvernement n’entend pas les doléances : les conséquences, y compris humaines, seront dramatiques" et "attention car ceux qui n'ont rien à perdre peuvent devenir dangereux" menace-t-il. D'autant que les restaurants sont "les lieux les plus sécurisés actuellement", les contaminations se font majoritairement "dans le cercle familial."

 

Des professionnels "au bord du gouffre"

Ce lundi, le syndicat des restaurateurs UMIH avait aussi convié le monde de la nuit, les vignerons, les bars, et une partie de leurs fournisseurs. "Les mots sont forts" car "si on est acculés, on pourrait avoir des idées noires et des actions désespérées". Le constat de Cyril Buesa : le gouvernement met "une population très nombreuse au bord du gouffre".

Pierre Ninville travaille pour le syndicat des vignerons de l’Aude, il ne peut que souscrire car sa filière perd très gros en ce moment : " après Paris, Aix Marseille et maintenant Toulouse et Montpellier, à chaque fois nous perdons 80% du chiffre d'affaires. C'est un vin qui ne sera pas consommé par les clients et les Français". "Pourquoi la grande distribution n'est pas impactée par les mesures sanitaires, depuis le déconfinement nous lavons nos tables à chaque passage dans les restaurants. Vous croyez que les caddies de supermarchés sont nettoyés aussi?" lance une professionnelle tarnaise. Tous s'estiment stigmatisés et injustement sanctionnés.   

 

Cyril Buesa

 

Les aides vues comme de la poudre aux yeux

Valérie Pons et Pierre-Henry Vidal, deux restaurateurs du Tarn-et-Garonne ne comprennent pas "où sont passés les milliards" annoncés pour soutenir la filière ; "comment on peut nous annoncer de telles sommes, et sur le terrain avoir des enveloppes vides à la Carsat ?" ; "quand on prétend à une subvention il y a toujours quelques chose qui vous fait sortir de la case, c'est toujours oui mais..."

Et ce n'est pas Ivo Danaf qui dira le contraire, le président de l'UMIH 31 possède le Purple et d'autres établissements dans la Ville rose "l'Etat est gangrené par l'immobilisme, alors qu'il pourrait avancer sur des choses simples et peu coûteuses : pourquoi je dois régler les congés payés de mes salariés au chômage partiel depuis 7 mois, alors que je n'ai aucune recette " explique celui qui affirme que 46 établissements (bars ou établissements de nuit ou restaurants) se sont déjà déclarés en dépôt de bilan à Toulouse.

 

Valérie Pons et Pierre-Henry Vidal

 

Les parlementaires locaux brillaient par leur absence

La colère gronde et la réunion de Cornebarrieu n'a vu qu'un parlementaire répondre à l'appel lancé par l'UMIH. Pierre Antoine Lévy, sénateur du Tarn-et-Garonne nouvellement élu. Pas un seul élu LREM. "Je connais bien un député LREM de mon département" lance Cyril Buesa ulcéré "lui-même m'a confié que nous vivions actuellement un déni de démocratie". La prochaine action pourrait avoir lieu en Gironde, pour fédérer aussi la Nouvelle-Aquitaine.

 

 

Ivo Danaf