Le Conseil départemental de Haute-Garonne a décidé d'une ouverture partielle. Bilan.

 

3 ans sans neige ou presque… Les stations de ski de Haute-Garonne aurait pu vivre une saison record cet hiver, c’était sans compter la pandémie. Et la décision gouvernementale de maintenir fermées les remontées mécaniques. Sauf que les sports d’hiver en Haute-Garonne représentent 140 emplois directs et 800 emplois indirects. Alors, envers et contre tout, le département qui tient à bout de bras cette économie en grande difficulté a sorti le porte-monnaie. Sauver ce qu'il y avait à sauver via le syndicat Haute-Garonne Montagne qui gère les trois stations de ski du 31 Luchon-Superbagnères, Bourg d’Oueil, Le Mourtis.

 

Soupe à la grimace

Les trois stations déchantent cet hiver. La neige est abondante (pour une fois) mais l'obligation de fermer les remontées a aggravé une situation économique déjà fortement dégradée. Eric Azémar le maire de Luchon l’explique. Sa ville a deux poumons : le ski et le thermalisme "c'est la soupe à la grimace, sur le thermalisme, on a été fermé deux fois et avons perdu 70% de notre clientèle et maintenant la station est fermée". Le maire perçoit quand même une lueur d'espoir "Luchon est suffisamment attractive pour attirer du tourisme. Grâce au golf, au tennis, à la randonnée..." Et cet hiver les commerçants, ont été "grâce à l'intervention du département" plutôt contents. 


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Le CD 31 entretient les pistes et recrute 110 saisonniers

Car pas de ski alpin, qu’à cela ne tienne. Pour éviter la saison blanche, la collectivité dirigée par Georges Méric a ouvert le parachute social cet hiver, recrutant 110 saisonniers et entretenant les pistes de ski. Le président du conseil départemental venu en visite vendredi a salué un travail d'équipe "on a voulu diversifier les centres d'intérêt : luge, raquette, ski de fond. Et il y a eu du monde sur les trois stations : c'a été un succès." Il rappelle que, sans le ski, les vallées du Luchonnais seraient "anéanties".

 

Le Luchonnais reconnaissant...

Paris gagné donc, la clientèle a été au rendez-vous comme nous le confirme Véronique Villemur qui tient le magasin Coloquinte à Luchon depuis 30 ans, "la station fonctionnait à moitié car les oeufs fonctionnaient, il y a eu beaucoup de monde sur les 15 jours de Noël mais on ne peut pas rattraper trois mois en 15 jours". Même si certains commerçants que nous avons rencontrés regrettaient que "tous les confrères n’ont pas joué le jeu". En effet beaucoup de magasins étaient fermés à Luchon, donnant à la cité thermale des allures de "ville morte".

Les stations partiellement ouvertes ont donc sauvé la saison, Christophe Esparceil le directeur d’exploitation de Superbagnères, Bourg d’Oueil et Le Mourtis, avec ses huit dameuses et ses 140 saisonniers il "s'est préparé comme si nous devions ouvrir [...] et la montagne a été fréquentée malgré tout [...] il y a eu des remerciements pour notre engagement..." Même si frustration et colère dominent chez les acteurs de la montagne qui n’osent plus croire à un assouplissement des restrictions pour sauver février. Alors le couvre-feu est désormais acté sur l’ensemble du territoire.  

 

 

REPORTAGE - BV.

Quelques chiffres...

 

LUCHON-SUPERBAGNERES :
. Titres vendus (télécabine) : 9625 dont 2800 sur la journée de gratuité du mardi 29/12.

LE MOURTIS :
. Titres vendus (tapis roulant) : 222

Pas de comptage à Bourg d’Oeuil sur l’espace de luge car pas de billetterie. Beaucoup de locations de matériel et des parkings visiteurs quasi remplis.

 

PERTES :

Pertes estimées sur la période des vacances de Noël : 1 M€, soit 92 % de pertes par rapport à la saison 2017-2018 à la même période sur Superbagnères et près de 98 % sur le Mourtis.

Recettes sur une saison sur les 3 stations : 5 M€.

Part des vacances de février : 70 % du CA, soit 3 M€ sur les 5 M€ annuels de recettes.